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SITE DE L'ASSOCIATION MEMORIAL 98




L'association MEMORIAL 98, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme a été créée en  janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.


Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.


Ce site en est l'expression dans le
combat contre tous  les négationnismes (Arménie, Rwanda, Shoah...)





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Mercredi 8 juillet 2009


Les médias titrent sur des affrontements inter-ethniques entre Hans et Ouïgours.
Le terme est ambigu et évoque des  bagarres de bas étage entre des populations  qui en seraient demeurées au stade de l'ethnie. Ainsi les Ouïgours  ne  constitueraient pas un peuple opprimé et dominé par la dictature chinoise.
 Celle-ci utilise pourtant intensément le chauvinisme contre les minorités nationales, comme au Tibet l'an dernier.
De plus en tant que musulmans et  turcophones, les Ouïgours sont immédiatement stigmatisés comme islamistes. Le régime chinois a ainsi protesté après la libération par les Etats-Unis d'un groupe d'Ouïgours qui étaient détenus depuis plusieurs années à Guantanamo. La Chine réclamait qu'ils lui soient livrés, mais l'administration Obama a heureusement décidé de les libérer dans un archipel du Pacifique.

 Dans la répression et les massacres actuels, il s'agit de bien autre chose, qui rappelle le sort des populations du Caucase dans la Russie de Poutine. Le régime russe reprend à son compte la conquête tsariste et l'oppression stalinienne, discrimine les populations caucasiennes de la fédération et les massacre quand elle se révoltent comme en Tchétchénie. Le parti communiste chinois poursuit également la tradition de l'oppression des nationalités dans l'Empire du Milieu  (voir notre article précédent Chine: la défaite, 20 ans après ).
 Le peuple ouïgour se révolte contre cette dictature du régime et contre la colonisation qui lui est imposée, comme aux Tibétains. Le Xinjiang, ou Turkestan Oriental, a été annexé sous le règne conquérant des empereurs chinois puis avait reconquis sa liberté.
En 1947, Mao fit venir à Pékin, sous prétexte de négociation,  les dirigeants nationalistes qui tentaient de préserver leur république indépendante, leur avion s'écrasa le 27 août 1947, et l'ensemble de la direction nationaliste ouïgoure fut décimée. Le traquenard est fortement suspecté. Trois mois plus tard, les troupes de l'armée populaire de libération (APL) faisaient leur entrée dans la capitale, Urumqi.
Depuis 1949, le Xinjiang est totalement entre les mains des autorités de Pékin, malgré son appellation officielle et formelle de République autonome. Dès 1950, une politique d'émigration massive de Hans de l'est de la Chine fut lancée. Aujourd'hui, près de la moitié des 20 millions d'habitants du Xinjiang sont Han, bien souvent des paysans pauvres venus de l'Est et du Centre de la Chine. Les Ouïgours sont eux amenés à émigrer vers les villes chinoises et y subir les mêmes discriminations que les originaires du Caucase en Russie.
Le régime chinois est totalement responsable de la situation actuelle au Xinjiang, des affrontements et des morts.
 Nul doute qu'il peut compter sur le soutien de ses alliés « antiterroristes » du groupe de Shanghai dont la Russie de Poutine et l'invité d'honneur de leur toute récente rencontre, Ahmadinehjad ,qui s'y fit adouber alors que la population iranienne manifestait et subissait la répression.

MEMORIAL 98


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Samedi 20 juin 2009

 

Dans quelques semaines le 11 juillet, aura lieu le quatorzième anniversaire du massacre de Srebrenica.
Son initiateur, le général Mladic, puissamment protégé, est toujours en liberté.

Le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) est occupé à juger Florence Hartmann, ancienne porte-parole de la procureure du Tribunal Carla Del Ponte de 2000 à 2006, accusée d'avoir dévoilé des décisions secrètes.

Elle risque sept ans de prison sous l'accusation « d'outrage à la Cour »
Son crime ? Avoir publié le contenu de deux décisions confidentielles de la chambre d'appel du TPI, qui refusait de rendre publics certains documents.

Selon l'accusée, ces documents permettent de prouver l'implication de la direction serbe dans la tuerie. Ces décisions d'embargo sur les documents avaient été prises dans le cadre du procès de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic, mort en 2006 dans sa cellule à La Haye.
Elles ont été relatées dans le livre de la porte-parole, qui est maintenant journaliste, publié en 2007 et intitulé "Paix et châtiment":
 « Ce n'est pas à un tribunal de décider quels sont les faits de l'histoire qu'il faut garder sous scellés. L'histoire ne lui appartient pas. C'est l'histoire des victimes, et Mme Hartmann a le droit de la leur communiquer », a déclaré son avocat.

Plusieurs associations, dont celles des femmes de Srebrenica, soutiennent Florence Hartmann. En France c'est l'association "Mères pour la paix" qui a lancé les actions.

Un comité de soutien, composé notamment de journalistes, d'avocats et de défenseurs des droits de l'Homme, fait circuler une pétition sur Internet (voir à la fin de l'article). Il a manifesté devant le TPI à La Haye.

Bref rappel sur Srebrenica

Juillet 1995 : 8000 hommes bosniaques musulmans de Srebrenica sont massacrés par les forces serbes commandées par Mladic. Ce dernier est toujours en fuite, protégé par un réseau militaire et policier serbe.
Des vidéos récentes le montrent chantant et dansant lors de fêtes avec sa famille
Mladic dirigeait l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS). En plus des unités de la VRS, une unité paramilitaire de Serbie, les Scorpions, a participé au massacre. [
Avant le massacre, les Nations unies avaient déclaré Srebrenica « zone de sécurité » ce qui n'a pas empêché le massacre bien que 400 Casques bleus Néerlandais aient été présents dans la région de Srebrenica (voir notre article sur le rôle de l'ONU Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni. )
Le tuerie de Srebrenica est le pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 2004, le massacre a même été qualifié de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) Cette qualification a été débattue. En février 2006, la Cour internationale de justice a confirmé cette qualification. Elle n'a pas jugé la responsabilité de l'État serbe, mais a indiqué que celui-ci n'avait pas pris « toutes les mesures en son pouvoir » pour éviter le génocide.
Bien que les victimes aient été principalement des hommes et des jeunes garçons, les femmes et les enfants ayant été évacués en cars vers les lignes bosniaques, on compte aussi parmi les tués des adolescents de moins de 15 ans et des vieillards de plus de 65 ans.
La liste préliminaire des personnes disparues compte 8 373 noms, elle inclut 500 noms de personnes qui avaient moins de 18 ans, plusieurs dizaines de femmes et quelques jeunes filles. En 2008, plus de 5 600 victimes ont été identifiées par leur ADN et 3 215 victimes ont été inhumées au mémorial de Potocari.
Citation du livre de F. Hartmann : « ....Fin septembre 2005, une nouvelle occasion (de mettre en lumière les responsabilités des dirigeants serbes) se présente. Belgrade, qui continue de requérir des mesures de protection sur tous les documents établissant l'autorité de l'État serbe sur ses affidés en Bosnie, vient de se voir octroyer par la Chambre d'appel l'autorisation de ne pas divulguer publiquement certains passages des dossiers personnels militaires de plusieurs hauts officiers de l'armée bosno-serbe, dont celui de Ratko Mladic, qui confirme, au vu de ses promotions, que le chef militaire bosno-serbe relevait bien pendant la guerre du commandement suprême à Belgrade.Car ce n'est pas Karadzic, le chef politique des Serbes de Bosnie, mais Lilic, le président de l'État serbo-monténégrin (de l'époque NDLR) qui, suite à une décision du CSD, accorde par décret le 16 juin 1994 une nouvelle étoile de général à Ratko Mladic... »

C'est pour ce type d'analyse que Mme Hartmann est traînée devant le TIPY.
Solidaires de son combat, nous vous invitons à signer la pétition de soutien:link

MEMORIAL 98

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Jeudi 4 juin 2009

Le massacre de Tienanmen en juin 1989 a représenté une  défaite du combat démocratique et progressiste et une victoire du régime réactionnaire.
 La chute du Mur de Berlin, 6 mois plus tard, vint souligner l'amertume de ce revers.
C'est cette mémoire de la révolte écrasée que la dictature prétendument communiste veut éradiquer.
Elle empêche  toute commémoration et même toute évocation des événements.
 Elle a expulsé de Pékin les familles qui recherchent leurs enfants disparus depuis 20 ans, les  militants des droits de l'homme, les défenseurs des malades du Sida, les « avocats aux pieds nus » qui défendent les salariés.
 Cette volonté d'éradiquer toute mémoire historique, tout retour sur Tienanmen, montre aussi à quel point  le régime est basé essentiellement sur son appareil répressif et sa propagande.
 L'utilisation de la peine de mort par une justice aux ordres  aboutit au massacre de plusieurs dizaines de milliers de personnes chaque année.
La récente exposition « Our Body » composée de cadavres issus de ces mises à mort et revendus a heureusement été interdite ici, mais continue d'exposer ces corps suppliciés à travers le monde.
Le parti unique, machine d'oppression qui se prétend communiste, a mis en place un capitalisme violent et empêche en même temps toute organisation des salariés. Les campagnes sont soumises à l'arbitraire des potentats locaux du parti.    
 Ce pays, qui a lui-même subi l'impérialisme et le négationnisme japonais, est soumis  à une  intense propagande chauvine organisée et financée par le pouvoir, notamment sur  Internet.
 Le régime opprime et au besoin massacre la population tibétaine et ouïgoure.    
 A l'extérieur, il soutient les régimes les plus réactionnaires et leur fournit l'armement nécessaire à leur maintien  : ainsi le régime sri lankais bénéficie d'une aide politique et militaire qui lui a permis d'écraser la rébellion. (voir notre article Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni. ). C'est le cas aussi de la junte militaire de Birmanie et de la Corée du Nord
Le régime khmère rouge a été soutenu  jusqu'à la fin, y compris dans ses pratiques exterminatrices. En Afrique le régime soudanais est aidé, malgré ses crimes au  Darfour. Ces alliances scélérates ne datent pas d'aujourd'hui: Mao lui-même avait reçu en grande pompe Nixon à Pékin en janvier 1972 alors que le Vietnam voisin subissait les bombardements commandés par ce même Nixon.

 La droite française adore le régime chinois et lui trouve toutes les excuses possibles. Les contrats passent avant tout autre considération. Raffarin, Chirac, Sarkozy ont fait assaut d'obséquiosité à l'égard des hiérarques de Pékin et ont loué sa « démocratie"  si particulière.
 
Mais a gauche aussi on trouve aussi des JL.Mélenchon qui partent en guerre contre la révolte tibétaine et un parti communiste qui a longtemps tergiversé à rompre avec ce régime.

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Lundi 1 juin 2009

Comment expliquer que Fofana ait récusé son avocate Me Coutant-Peyre et ait choisi de la dénoncer comme « juive » ?
 
Selon ses propres termes à l'audience  : « Coutant-Peyre... Peyre, c'est juif, non ? » Puis il a ajouté: « On veut déjà me tuer... Donc, je ne vais pas m'entourer de gens comme ça. »
 Fofana indiquait ensuite qu'il ne parlerait plus qu'à trois personnes  lors du procès, dont l'avocat de la famille Halimi, Me Szpiner en tant que « représentant des Juifs de France, du monde, et de l'Etat d'Israël «
Coutant-Peyre semblait pourtant présenter les meilleures « garanties » possibles pour Fofana. Elle est une proche collaboratrice de Garaudy et responsable de son association « A contre jour » ; elle est aussi l'épouse de Carlos avec qui elle a convolé après l'avoir défendu. Quelle meilleures garanties que le chantre international du négationnisme et ce grand « antisioniste » incarcéré pour terrorisme ?
 Carlos vient d'ailleurs de rendre public son soutien à la liste  "antisioniste" laquelle en retour se félicite de ce renfort et le salue chaleureusement.

L'explication  la plus probable est qu'il s'agit d'un écho des divergences dans le milieu « antisioniste » extrémiste.

Fofana est depuis le début soutenu et parrainé  par le groupe de Kemi Seba (Tribu Ka puis MDI) qui s'est proclamé protecteur de l'accusé et a même menacé à la cantonade de représailles,  si le procès ne se déroulait pas « correctement ».
Or Seba entre-temps a refusé de participer à la liste «antisioniste »   de Dieudonné-Gouasmi-Soral.
 Sa divergence officielle porte sur l'anticommunautarisme affiché de la liste et sur la personnalité de Soral. Seba se présentant comme un défenseur acharné des « communautés » noire, arabe, blanche/européenne, asiatique, ne se retrouverait donc pas dans la posture affichée de la liste.
Il y a sans doute d'autres enjeux  de pouvoir et  de finances, qui entretiennent d'ailleurs d'âpres polémiques.

 Il est à noter que ces différentes fractions « antisionistes » n'ont entre elles pas de divergences de principe sur  la collaboration approfondie  avec des organisations d'extrême droite.
Dieudonné et Soral sont en cheville avec le courant dit « national-révolutionnaire » sans doute le plus proche du fascisme et avec les catholiques les plus intégristes. Seba s'organise avec  des  groupuscules violents tels que la Droite socialiste. Mais la mouvance de Seba a peut être du mal à accepter le style « bleu-blanc-rouge » affiché par la liste « antisioniste ».

Il se peut aussi que se manifestent ainsi des tensions avec le chiisme,  dont Gouasmi  se proclame le représentant en France. K.Seba, récemment converti à l'Islam après avoir violemment dénoncé cette religion "esclavagiste" ,  avait été reçu en grande pompe au centre Zahra dirigé par Gouasmi, mais manifestement sans résultat concret.
 On note aussi  que le seul avocat choisi et non récusé par Fofana est Me Ludot, militant de la droite dure, ancien défenseur de Saddam Hussein et membre de son comité de soutien. Il s'agit d'un profil peu compatible avec le chiisme de Gouasmi, dont la liste est soutenue par Carlos et Coutant- Peyre, qui du coup est proclamée « juive ».

L'antisémitisme obsessionnel et quelque peu conspirationiste  de ce milieu produit des effets apparemment inattendus.

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Dimanche 31 mai 2009


"Si des diplomates et de hauts responsables de l'Onu sont trop timides pour dénoncer les atrocités au moment où elles se déroulent, quel espoir reste-t-il d'éviter de futures entreprises d'extermination ? » ( le Times de Londres)

 Le silence et les mensonges de l'ONU ont permis au régime sri lankais de massacrer des milliers de civils tamouls réfugiés dans le Nord du pays.

Malgré les tentatives du gouvernement sri lankais et de ses protecteurs, parmi lesquels la Chine est encore au premier rang, la vérité commence à se faire jour : il y a bien eu des bombardements massifs de civils ; le chiffre des morts est proche de 20000 personnes, bien loin de celui de 2800 avancé par le gouvernement et cautionné par l'ONU.
Le personnel de l'ONU écoeuré par cette attitude fait connaître ses constats sur le terrain.

Impunité garantie ?

Le régime sri lankais cherche maintenant l'impunité. Celle-ci est le pendant  et la condition première du négationnisme et c'est pourquoi nous y revenons dans ce site dédié à la lutte contre le négationnisme (voir notre article précédent Sri Lanka: Tamouls en danger )

 Le Conseil des droits de l'homme de l'Onu a décidé le 27 mai de ne pas enquêter sur les victimes civiles de la guerre.
Cette décision provoque la colère des associations de défense des droits de l'homme dont Human Rights Watch, particulièrement mobilisée et incisive.

Au premier rang de la défense du gouvernement sri lankais : la  Chine mais aussi un front, à priori surprenant : l'Afrique du Sud (qui avait déjà refusé en son temps de délivrer un visa pour une visite du Dalaï Lama) le  Brésil,   Cuba, l'Inde, le Pakistan, l'Uruguay, l'Arabie Saoudite...  
La résolution votée se focalise uniquement sur les violations des droits de l'homme dont s'est rendu coupable la rébellion des Tigres tamouls (LTTE).

Adoptée à une majorité de 29 voix pour, 12 contre et 6 abstentions, elle ne réclame pas d'enquête, comme l'ont pourtant demandé tardivement le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la Haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Navi Pillay.

Dans son allocution d'ouverture devant le Conseil Mme Pillay avait appelé à une enquête "internationale, indépendante et crédible".

"Il y a de fortes raisons de penser que les deux parties (au conflit) ont grossièrement bafoué le principe fondamental de l'inviolabilité des civils", avait-elle affirmé, citant notamment "l'utilisation d'artillerie contre des régions densément peuplées" par les forces gouvernementales sri lankaises.

À l'inverse, la résolution insiste sur "le respect de la souveraineté" du Sri Lanka et sur "le principe de non-ingérence" dans les affaires intérieures mentionné par la Charte des Nations unies. On peut donc massacrer impunément, selon ce principe qui revient pour la circonstance sur le devant de la scène.

 De plus, le texte voté "loue" les autorités de Colombo pour leurs mesures envers les déplacés à l'intérieur du pays, au nombre de 300.000 selon l'ONU, et "accueille favorablement" le Sri Lanka pour ses "efforts" dans le domaine des droits de l'homme.

Silences de l'ONU
: la récidive

Tout au long de la campagne militaire, la hiérarchie de l'ONU a gardé le silence, bien qu'elle ait disposé d'éléments accablants sur la conduite de l'armée sri-lankaise et à faillir "
Le refus de l'ONU de publier le bilan des victimes est révélateur. Une cellule onusienne a pourtant collecté et recoupé des données auprès d'employés locaux de l'ONU, d'ONG, de médecins ou de prêtres.

Son total, entre le 20 janvier et le 13 mai (une semaine avant l'assaut final), est de 7 720 morts (dont 678 enfants) et 18 465 blessés (dont 2 384 enfants). Mais ces chiffres n'ont pas été rendus publics car il y a eu "une tentative de suppression systématique de ce matériel", affirme un officiel onusien.

Mi-avril, lorsqu'il arrive pour sa première mission au Sri Lanka, Vijay Nambiar délivre aux responsables onusiens locaux un message étonnant : l'ONU devrait garder "un profil bas" et jouer "un rôle d'appui", "compatible avec le gouvernement", explique-t-il. À cette époque, les morts et les blessés se comptent par milliers. À son retour, l'ONU annonce que Colombo accepte la venue d'une mission humanitaire dans la zone des combats. Elle ne verra jamais le jour.
Le 11 mai, après la mort de plus de 100 enfants, le porte-parole de l'ONU à Colombo, Gordon Weiss, évoque enfin un "bain de sang". Le gouvernement le somme de s'expliquer. Sa hiérarchie le lâche.  Le 17 mai, sur Al-Jazira, Amin Awad, chef local du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) abondant dans le sens des déclarations victorieuses du gouvernement, affirme qu'il ne reste presque aucun déplacé dans la zone de combat. "C'était donner un chèque en blanc au gouvernement pour lâcher un tapis de bombes sur la zone", déplore un responsable onusien. C'est  exactement ce que le gouvernement a fait.

Il y a des précédents à cette passivité de l'ONU: les plus significatives sont celles face au génocide des Tutsis au Rwanda et à celui des Musulmans bosniaques de
Srebrenica.
 
Le 11 juillet 1995, alors que les milices serbes de Bosnie approchent de l'enclave de Srebrenica, des dizaines de milliers de civils prennent la route de Potocari, à 8 kilomètres de distance. C'est là qu'est basé le quartier général du bataillon néerlandais de soldats de la Forpronu (Force de protection des Nations unies). Quatre cent cinquante hommes y sont chargés d'assurer la protection des quelque 40 000 habitants de Srebrenica, en majorité des musulmans de Bosnie.  

Quand les miliciens serbes de Bosnie séparent les hommes des femmes, les soldats néerlandais regardent et laissent faire. Les hommes sont entassés dans des cars et seront exécutés. On dénombre environ 8 000 victimes à l'issue de ce massacre, qualifié de « génocide » par la Cour Internationale de Justice et par le TPIY. Parmi les hommes qui ont choisi de se placer sous la protection des Nations unies, pratiquement aucun n'a survécu. Ceux des habitants de Srebrenica qui se sont réfugiés dans les forêts, eux, ont eu un peu plus de chances de survie ».

Le mandat de l'ONU en Bosnie prévoyait pourtant  clairement un recours à la force en cas de besoin. Le 10 juillet, la veille du massacre, le commandant du bataillon néerlandais avait demandé au général français Bernard Janvier, qui assumait le commandement militaire des Nations unies en ex-Yougoslavie, de lancer des frappes contre les forces serbes de Bosnie. Mais il n'a pas été entendu.
Deux avions de l'ONU ont bien décollé, mais sans effectuer de frappes significatives. En France, une mission parlementaire s'interrogea en 2001 sur les raisons de cette « erreur » du général Janvier et conclut que « Srebrenica est aussi un échec pour la France ». « La mission d'information est convaincue qu'en effectuant des frappes massives sur la route sud, la seule qui menait à Srebrenica, l'ONU et l'Otan auraient pu arrêter l'offensive », estimaient les auteurs du rapport.
Le général Janvier avait rencontré Ratko Mladic, le chef militaire des Serbes de Bosnie, un mois avant le massacre. À l'époque, plusieurs centaines de Casques bleus étaient retenus en otages par les milices serbes. La commission parlementaire française n'exclut pas l'hypothèse qu'une entente ait été trouvée entre les deux hommes : la libération des otages contre la non-intervention de l'ONU à Srebrenica.
Une autre hypothèse met en cause les autorités néerlandaises de l'époque. Le 11 juillet, le ministre de la Défense néerlandais aurait téléphoné au commandement de la Forpronu pour demander que les avions de l'ONU, qui avaient déjà décollé, regagnent leur base. Il aurait craint pour la vie des Casques bleus néerlandais.

L'affaire est extrêmement sensible aux Pays-Bas, au point qu'elle a contraint un Premier ministre à la démission. En 2002, un rapport officiel a été publié, estimant que les soldats néerlandais ont été confrontés à une « mission impossible » à Srebrenica, car ils étaient trop faiblement armés. Le débat suscité par cette interprétation Une plainte a également été déposée contre l'ONU par les familles des victimes de Srebrenica. Mais le tribunal néerlandais qui avait été saisi s'est dit incompétent, car l'ONU bénéficie de l'immunité.
Les Nations unies ont reconnu leur responsabilité dans le massacre de Srebrenica en 1999. Un rapport présenté par son secrétaire général, Kofi Annan, reconnaissait alors la « faillite de la politique dans des zones de sécurité ».  
Le rapport ajoute : « La communauté des nations, en décrétant un embargo sur les armes, a laissé les Serbes dans une position de supériorité militaire écrasante et a, en fait, privé la République de Bosnie-Herzégovine de son droit de légitime défense, consacré dans la Charte des Nations unies ». « La fourniture d'une aide humanitaire n'était pas une initiative suffisante face aux opérations de ´´nettoyage ethnique´´ et de génocide ». « Srebrenica a été le révélateur d'une vérité que l'ONU et le reste du monde ont comprise trop tard, à savoir que la Bosnie était une cause morale autant qu'un conflit militaire. La tragédie de Srebrenica hantera à jamais notre histoire ».

L'inertie de l'Onu  au Rwanda.

Les Nations unies ont laissé le génocide se dérouler. Dans son premier rapport qui date du 28 juin 1994, alors sur le terrain au moment des faits, René Dégni Ségui, ancien rapporteur spécial pour le Rwanda, souligne l'inertie des Nations Unies qui pourtant étaient « alertées et amplement informées de ce génocide », lors de sa préparation. Dès janvier 1994, le Général Dallaire  alors commandant des Casques bleus à Kigali signale à l'Onu les camps d'entraînement hutus. Il cite même un ancien chef de sécurité du président Habyarimana qui vante les mérites de ses hommes pouvant tuer « 1 000 Tutsis en 20 minutes ».
Le 15 avril, une semaine après le début du génocide, le Conseil de sécurité de l'Onu prend la décision de réduire son contingent à 500 hommes. Pendant les 100 jours qui ont causé la mort de 800 000 Tutsis et Hutus modérés, le Conseil de sécurité n'est même jamais intervenu pour renforcer la présence des Casques bleus dans le pays et pour essayer de mettre un terme aux exactions. Pire encore, au plus fort des massacres, il a refusé d'autoriser l'envoi de nouvelles troupes. Dans ce cas aussi, Kofi Annan finit par reconnaître la faillite de son institution.

La situation au Sri Lanka est une nouvelle illustration de la paralysie onusienne face aux massacres.

Seule  la solidarité de l'opinion internationale, des ONG, des peuples, peut empêcher la reproduction de tels événements et faire émerger une véritable institution internationale garante de la paix et des doits de l'homme.

MEMORIAL 98
 
 
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