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SITE DE L'ASSOCIATION MEMORIAL 98




L'association MEMORIAL 98, qui combat contre le racisme, l’antisémitisme et le négationnisme a été créée en  janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.


Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite.


Ce site en est l'expression dans le
combat contre tous  les négationnismes (Arménie, Rwanda, Shoah...)





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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 23:33
 

Marine Le Pen ne cesse de se plaindre de la difficulté à réunir les 500 signatures d’élus nécessaires à sa présentation officielle comme candidate à la présidence. Elle menace l’UMP de représailles si elle ne parvenait pas à obtenir ces parrainages. Mais en réalité il y a fort à parier que l’UMP et Sarkozy donneront des consignes pour  que des élus de leur mouvement fournissent ces signatures. 

C’est en tout cas ce qui s’est passé en 2007. Face à la même situation et aux mêmes menaces, l’UMP a collecté des parrainages et les a transmis. La plus sarkozyste des dirigeantes de la droite, Nadine Morano, a elle-même sollicité des maires de son département et s’est chargée personnellement de les transmettre. Nous publions l’article du Canard Enchaîné daté du 11 Avril 2007 qui mentionne ce fait. N.Morano n’a jamais démenti cette publication ni recouru à une procédure judiciaire pour diffamation, alors qu’elle en est particulièrement friande.

 

20111229163753

 L'article ci-dessus indique:

 

"En Meurthe-et-Moselle, par exemple, Nadine Morano, en bon petit soldat, réunit des maires ruraux début mars (2007)…nous étions cinq ou six à être désignés pour signer en faveur de Le Pen. Nadine nous a demandé d’envoyer nos parrainages non pas directement au Conseil constitutionnel, mais au siège du comité de soutien départemental de l’UMP. C’est elle, ensuite, qui les a emmenés à Paris raconte l’un d’eux"… »

Morano représente la quintessence du sarkozysme ; elle agit sur ordre et ne prend pas d’initiatives incontrôlées. Elle a été une des plus ferventes tenantes de la campagne sur « l’identité nationale ». Elle avait choisi de s’exprimer à l’occasion de ce « débat » dans la commune de Charmes, dans le département des Vosges. Cette commune  avait  été sélectionnée par l’organisateur de la soirée, le député (UMP) Gaultier, parce qu’elle est la ville natale de l’écrivain Maurice Barrès, symbole du nationalisme d’extrême-droite, antisémite et antidreyfusard enragé.Lors de ce débat, le président de l’association « Mémoire de Barrès » avait  été invité à s’exprimer comme “grand témoin”. Il a défendu le “nationalisme de Barrès” par opposition au “cosmopolitisme “.  Pour éclairer ce nationalisme, rappelons que Barrès affirma notamment après que la justice ait reconnu que les « preuves » contre Dreyfus étaient fausses, en 1902,: "Je n'ai pas besoin qu'on me dise pourquoi Dreyfus a trahi. Que Dreyfus est capable de trahir, je le conclus de sa race… (In Maurice Barrès "Ce que j'ai vu à Rennes).

voir N.Morano au gouvernement:appel à l'extrême droite

Morano : récidive d’une collaboratrice du Front National

L’appui qui sera apporté par l'UMP à la campagne du Front National ne sera pas entravé par les « rechutes » de Jean- Marie et Marine Le Pen.

Le président d’honneur du FN vient de réitérer ses propos négationnistes sur les chambres à gaz. Invité, et fort aimablement reçu dans l’émission “Zemmour et Naulleau” diffusée sur Paris Première le 13 janvier dernier, il a précisé ne pas revenir sur ses propos concernant les chambres à gaz  qualifiées de « détail de l’histoire » et a ajouté, aggravant son propos : « Si ma proposition est fausse, c’est donc que la guerre mondiale est un détail des chambres à gaz »

(voir Le Pen : l’antisémitisme jusqu'au bout.

Le Pen et le "détail": décryptage )

 Quant à la présidente du FN elle a choisi  en pleine campagne présidentielle de se rendre à une invitation du FPÖ, le parti autrichien d'extrême-droite. Vendredi dernier, Marine Le Pen a rencontré Martin Graf, la personnalité d'extrême-droite qui occupe actuellement les plus hautes fonctions au coeur d'un État européen: ce député du FPÖ, le parti de la liberté, est depuis 2008 vice-président du Parlement autrichien. (voir Nuit de cristal : 70 ans après(I) Terrible Autriche )  

Martin Graf est un idéologue, le chef de file de l'aile la plus dure de l'extrême-droite autrichienne. Il est membre d'Olympia, une "Burschenschaft", corporation  interdite aux Juifs et aux femmes et dont les membres sont chargés de véhiculer dans la société autrichienne des idées néonazies, pangermanistes, antisémites et négationnistes.

On moque souvent N. Morano pour ses grossièretés de language et de comportement mais elle n'est qu'un révélateur de la nature du pouvoir en place  (voir Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.)

Les Guéant ou Fillon sont ils vraiment plus distingués?

(voir  Avec les étudiants étrangers : amplifions la défaite de Guéant.

Eva Joly : un triomphe lepéniste ? )

MEMORIAL 98

 

Par memorial98 - Publié dans : memorial98
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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 01:09

   Enfin la vérité éclate. 

 Le 6 avril 1994, l’avion transportant le président du Rwanda Habyarimana était abattu par deux missiles à son approche de l’aéroport de  la capitale Kigali. Le lendemain débutait le génocide déclenché par les extrémistes du « Hutu Power » contre les Tutsi et les Hutus modérés, entraînant la mort de 800 000 personnes en trois mois.

Les auteurs du génocide s’employèrent aussitôt à dissimuler l’ampleur de leurs crimes et la nature génocidaire de leurs actes, comme l’avaient fait avant eux les auteurs du génocide des Arméniens, les nazis auteurs de la Shoah et les massacreurs de Srebenica. (voir  Génocide arménien: la justice enfin? Génocide en Bosnie: début de justice aux Pays-Bas.)

 Lorsque la minorité tutsi qui avait survécu revint au pouvoir au Rwanda, les génocidaires accusèrent les Tutsis d’avoir été, à l’origine les auteurs de l’attentat déclencheur. La vérité sur l’attentat du 6 avril devint ainsi cruciale pour établir les responsabilités et définir les coupables du génocide. Grâce aux familles de l’équipage français de l’avion abattu, une instruction avait été ouverte en France et confiée au juge « anti-terroriste » Jean-Louis Bruguière. Celui-ci conclut, au terme d’une enquête partiale conduite depuis Paris, sans déplacement sur les lieux de l’attentat, à la responsabilité des rebelles tutsi (FPR) ; il lança des mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables du FPR au pouvoir à Kigali. Le Rwanda répondit en rompant ses relations diplomatiques avec la France puis en procédant à la rédaction d'un rapport officiel sur le rôle de la France au Rwanda à l'époque du génocide (Commission Mucyo). Entre temps, avec les conclusions du rapport Bruguière, les thèses négationnistes se renforcent et obtiennent une sorte de droit de cité dans le discours public, notamment française et belge. L’attribution au FPR de la responsabilité de l’attentat du 6 avril a servi depuis 18 ans à protéger des questions embarrassantes les dirigeants politiques de cette époque de cohabitation : F. Mitterrand, Balladur, Léotard, Juppé, Roussin, Hubert Védrine, les responsables militaires et tous les officiels ayant joué un rôle dans la complicité militaire, politique, diplomatique et financière de la France dans le génocide.(voir France-Rwanda: escalade et négation)

Bruguière parti à la retraite après avoir tenté une carrière politique dans les rangs de l’UMP, son successeur, le magistrat anti-terroriste Marc Trévidic est chargé de clore le dossier. Avec la magistrate Nathalie Poux, il décide alors de reprendre toute l’enquête et se donne pour cela les moyens intellectuels, techniques et humains nécessaires. Il réalise un déplacement au Rwanda sur les lieux même de l’attentat, accompagné d’experts : trois spécialistes en aéronautique, deux géomètres, un balisticien et un acousticien. Cette équipe analyse les débris de l’avion et les témoignages recueillis sur la chute de l’avion mais aussi sur le bruit et la lumière signalant le lancement des deux missiles.

Les conclusions de rapport, qui ont été rendues publiques mardi 10 janvier à Paris, établissent que les deux missiles ont été tirés depuis le camp militaire de Kanombe contrôlé par des ultras du régime, recherchant à tout prix le basculement du Rwanda dans la guerre civile et la liquidation des Hutus modérés et des Tutsis. Le rapport démontre aussi que les missiles n’ont pas pu être tirés depuis la ferme de la colline de Masaka occupée par des rebelles tutsi.

 Cette vérité établie a une conséquence historique et politique considérable.

 En prouvant que les rebelles tutsi n’ont pas de responsabilité dans l’attentat, elle détruit la thèse négationniste qui voulait que la preuve de la culpabilité tutsi du génocide soit apportée par leur responsabilité dans l’attentat du 6 avril 1994. Cette vérité établie possède une autre conséquence, capitale elle aussi, en ce que la planification du génocide par les extrémistes hutus s’impose dans son organisation criminelle. La préparation du génocide avait été accompagnée d’une violente campagne symbolisée par les dénonciations de la radio « Mille Collines », organe des génocidaires.

L’enquête précise du juge Trévidic inflige ainsi une double défaite aux négationnistes du génocide rwandais. Mais ces derniers n'ont pas tardé à réagir en portant le soupçon sur les méthodes et les experts, et en suggérant qu'il s'agît là d'une opération politique.

La lutte contre les négationnistes et leurs défenseurs a nécessité un travail d’enquête et d’établissement d’un constat rigoureux. Les faits existent, et notamment les 800 000 morts commises en vertu d’une injonction et d’une réalisation génocidaires. La connaissance de cette histoire est particulièrement essentielle en France, dont le rôle à cette époque au Rwanda est encore dissimulé derrière la raison d’Etat et le « secret défense »

 Avec les associations qui combattent pour la vérité sur ce génocide, nous demandons la poursuite de l’instruction des juges Trévidic et Poux ainsi que :

   -La levée du secret défense sur tous les documents concernant l’implication française au Rwanda, y compris les archives de l’Elysée,

  - L’indépendance de la justice et l’arrêt des pressions politiques sur les juges notamment le juge Trévidic soumis à un harcèlement de sa hiérarchie

 -Une commission d’enquête parlementaire sur l’implication politique et militaire française.

 Nous signalons la réédition du livre « Survivantes »  sur le génocide rwandais coécrit par Esther Mujawayo et Souâd Belhaddad (éditions Metispresse)

voir aussi sur ce site:

Génocide rwandais : un anniversaire particulier .

Négationnisme: ensemble le 25 avril à Paris

Srebrenica : l’impunité jusqu’à quand ?

Rwanda : faire la lumière sur le génocide.

Génocide arménien: la justice enfin?

Semaine rwandaise à l'Unesco du 15 au 17 mars

Rwanda: 7 Avril souviens toi du génocide des Tutsis!

Rwanda: récits du génocide le 16 juin à Paris

Rwanda: quatorzième anniversaire du génocide

Document exceptionnel: entretien avec Raul Hilberg

Arménie:contre tous les négationnismes

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.

L'étrange procès de Florence Hartmann

 

 MEMORIAL 98

 

 

 

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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 22:39

  Pour les opposants chinois, l'année 2011 aura été l'une des pires depuis la répression de Tienanmen en 1989. La combinaison des révolutions dans le monde arabe et des luttes internes avant la passation de pouvoir à la tête de l'Etat prévue pour l'automne 2012 a conduit à ce tournant sécuritaire. Lors de la révolte en Tunisie dite « révolte du jasmin » les appels sur la toile chinoise reprenant ce terme ont poussé la police politique à censurer le mot "jasmin". Des recherches menées sur le site chinois Weibo (équivalent de Twitter) pour des messages contenant le mot "jasmin" n'ont donné aucun résultat. Le site du principal moteur de recherche chinois Baidu indiquait même que cette recherche était impossible en raison de la loi et de la réglementation. La répression se poursuite au début de cette nouvelle année.

 Le régime chinois vient d’emprisonner à nouveau un de ses dissidents les plus connus, l’avocat Gao Zhisheng, dans la province excentrée du Xinjiang, elle-même soumise à une forte pression policière en raison de la mobilisation des habitants OuÏgours (voir Ouïgours : révolte et massacre)

 C’est qu’indiquent, ce 1er janvier, son frère et une association de défense des droits de l'homme ; c’est la  première indication depuis 20 mois sur son lieu d'enfermement.

 L’avocat Gao, qui a défendu des chrétiens contestataires et des mineurs de charbon, avait été arrêté en février 2009 par les autorités qui lui avaient interdit de communiquer. Il avait été brièvement libéré en mars 2010, puis avait à nouveau disparu.

Le gouvernement chinois profite souvent des fêtes de fin d'année pour réprimer la dissidence, en essayant de s'éviter les protestations, pourtant fort modérées, des chancelleries occidentales.  Ainsi, ces derniers jours, après la condamnation de Chen Wei à neuf ans de prison, vendredi 23 décembre, le procès d'un autre opposant s'est terminé deux heures et trente minutes après s'être ouvert, lundi 26 décembre au matin, à Guiyang, dans le sud du pays. Chen Xi était jugé pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'état" en raison de 36 écrits fustigeant l'Etat-Parti. Verdict : dix ans de prison ferme, selon l'organisation China Human Rights Defenders (CHRD).

Chen Xi, 57 ans, est un vétéran de la dissidence. Il a déjà été emprisonné pendant trois années au lendemain du soulèvement de Tienanmen, en 1989, avant de purger une deuxième peine, de 1995 à 2005. Depuis sa libération, il animait une association de défense des droits de l'homme dans sa province, le Guizhou. Il militait récemment pour que des candidats indépendants du Parti puissent se présenter lors des élections locales. Cette prise de position lui avait valu une assignation à résidence et la confiscation de son matériel informatique. Contacté le 29 novembre par la sécurité publique pour aller récupérer son ordinateur, il s'est vu notifier son arrestation au poste de police.

Trois jours avant cette condamnation, le 23 décembre, c'est une cour de justice de Suining (province du Sichuan) qui avait condamné un autre dissident historique, Chen Wei, à neuf années d'emprisonnement. Selon l'acte d'accusation, il lui était reproché d'avoir rédigé, depuis le mois de mars 2009, quatre articles aux titres explicites tels que "La maladie du système et le remède de la démocratie constitutionnelle".

A l'issue d'un procès expéditif – environ deux heures et demie également–, le juge n'avait pas laissé Chen Wei prendre la parole pour lire un texte intitulé "Conte de fée dans le désert ».

 Cette vague de condamnations n'est pas inédite : en 2009, déjà, Pékin avait profité de Noël pour condamner à onze années de détention Liu Xiaobo, auteur de la Charte 08 appelant à des réformes démocratiques, couronné par le prix Nobel de la paix en 2010.(voir Chine : le silence complice de Sarkozy)  Le gouvernement semble penser que les fêtes de fin d'année aideront à détourner l'attention des Occidentaux.

 En 2011 le pouvoir a inauguré de nouvelles formes de mise à l’écart. Des dizaines de personnes ont été détenues, souvent dans des "prisons noires", des chambres d'hôtels ou appartements coupés du monde, hors de tout cadre juridique. La dictature traque particulièrement les avocats. L'avocat aveugle Chen Guangcheng est assigné à résidence, hors de portée des visiteurs

Depuis 22 ans, le gouvernement chinois continue d'étouffer toute information sur le massacre de Tienanmen et à persécuter les survivants, les proches des victimes, et toute personne qui conteste la version officielle des événements de juin 1989.(voir Chine: la défaite, 20 ans après) La répression des manifestants de la place de Tienanmen ainsi que la politique qui a suivi ont ouvert la voie à l'actuelle vague de répression «  préventive » contre les activistes et opposants dans la foulée des soulèvements populaires au Moyen-Orient.

 Quelques semaines seulement après l'attribution du Prix Nobel de la Paix à l'écrivain dissident Liu Xiaobo en décembre 2010 (voir ,)  les dirigeants chinois ont commencé une offensive contre ceux qui osent les critiquer. Depuis le 16 février 2011, des dizaines d'avocats, de militants de la société civile, et de blogueurs ont été arrêtés sur des accusations criminelles par les autorités publiques, tandis qu'au moins 20 autres personnes ont été victimes de disparitions forcées. Le gouvernement a également renforcé la censure de l'Internet, contraint à la démission plusieurs rédacteurs de journaux ayant exprimé des points de vue libéraux, et imposé de nouvelles restrictions aux journalistes étrangers à Pékin.

 Les Mères de Tienanmen, une association de parents de victimes du massacre de Tienanmen qui a établi une liste d'au moins 203 personnes tuées lors de la répression de juin 1989, ont publié un communiqué le 31 mai selon lequel « la situation depuis février 2011 est la pire depuis le 4 juin 1989 ».

Les nombreuses grèves, les manifestations locales contre la corruption et l’accaparement des terres par les officiels du Parti  les suicides d’ouvriers, les immolations de moines témoignent d’une situation très tendue. Va-t-elle exploser en 2012 ?

(voir aussi Abattre toutes les dictatures

Sri Lanka : ONU silencieuse, régime impuni.

Sri Lanka: Tamouls en danger )

MEMORIAL 98

 

 

 

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 00:58

 

Alors même qu’une délégation de la Ligue Arabe est censée faire appliquer un arrêt de la répression, le massacre se poursuit à Homs et dans d’autres villes. Les « observateurs »  détournent les yeux, refusent de se rendre dans les quartiers les plus soumis aux tueries. Ils se déplacent dans des véhicules fournis par le régime et laissent celui organiser les mises en scène dont il est coutumier.

Depuis le 15 mars dernier et le début de la révolte, il y a des milliers de morts dont des centaines d’enfants, des milliers de disparus, des tortures à n’en plus finir.

Cela suffit maintenant.

La dictature syrienne est soutenue par le régime iranien, par Poutine, bourreau du peuple tchétchène, désavoué par les électeurs malgré le bourrage des urnes, par la dictature chinoise.

Elle est aussi soutenue par l’extrême-droite raciste et antisémite qu’elle et le régime iranien reçoit et finance largement. Les membres de l’entourage de Marine Le Pen (cf link) les Soral, Dieudonné sont mobilisés pour la défense du régime assassin. Hélas, on retrouve aussi dans ce cas des gouvernements progressistes d’Amérique Latine et Chavez, qui croient montrer ainsi leur engagement anti-impérialiste.

Les associations, les partis de gauche ne peuvent pas laisser un peuple se faire massacrer en direct ;ils peuvent contraindre gouvernement français, le Parlement qui vient de voter une loi contre le négationnisme, à prendre leurs responsabilités.

Avec les associations syriennes, nous vous proposons déjà d’envoyer déjà des courriers de protestation contre la répression et pour exiger la fin des massacres à l’adresse suivante :

Madame l'Ambassadrice

Ambassade de la République arabe de Syrie

20 rue Vaneau

75007 Paris

(voir Syrie urgence: arrêter enfin le massacre!

Syrie: violences à Paris contre les manifestants

Halte au massacre du peuple syrien !

Libye : qu’attendent-ils pour agir ?

Abattre toutes les dictatures

Chine : le silence complice de Sarkozy)

MEMORIAL 98

 

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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 23:12

 

Tout occupé à ses campagnes xénophobes commandées et conçues par Sarkozy, le ministre de l’Intérieur n’a même pas envisagé qu’une de ses mesures puisse être remise en cause. C’est pourtant ce qui est en train de se produire avec son offensive contre les étudiants étrangers. 

 Sa circulaire du 31 mai dernier recommandait aux préfets d'instruire "avec rigueur" les demandes d'autorisation de travail des étudiants, et d'exercer un "contrôle approfondi" des demandes de changement de statut des étudiants étrangers. Elle s'inscrivait dans la volonté des autorités de réduire l'immigration légale, thème sur lequel le camp du président Nicolas Sarkozy a fait campagne. Ces étudiants se sont organisés dans un collectif et ont lancé une mobilisation soutenue

Une centaine de personnalités, dont le Prix Nobel de physique Albert Fert, ont initié une pétition au très beau titre "Notre matière grise est de toutes les couleurs" http://www.universiteuniverselle.fr/,

demandant "le retrait" de la circulaire du 31 mai. Elle recueillait vendredi 23 décembre plus de 19 000 signatures.

Nous invitons tous nos lecteurs à signer et  à diffuser cette pétition le plus rapidement possible. 

Approfondissant leur mobilisation, les étudiants étrangers ont défilé avec les  sans-papiers, dimanche 18 décembre à Paris, à l'occasion de la journée mondiale des migrants pour remettre en cause l’ensemble de la politique d'immigration de  Guéant et Sarkozy.

Plusieurs milliers de personnes ont ainsi manifesté derrière la banderole "Ensemble pour les droits et la dignité des migrant-e-s". Le Réseau éducation sans frontières (RESF) a dénoncé " le durcissement  des lois sur les migrants, de plus en plus précarisés qu'ils soient ou non sans papiers, et l'utilisation politicienne de cette question".

Sous la banderole "Etudiants étrangers indignés = diplômés, recrutés, expulsés", les étudiants exigeaient le retrait de la circulaire Guéant à cause de laquelle de nombreux diplômés n'ont pas pu obtenir un changement de statut d'étudiant à salarié, bien que recrutés par des entreprises françaises. Des fissures ont alors commencé à se faire jour au sein même du gouvernement.

Guéant va être contraint de reculer sur cette circulaire; c'est doublement positif: d'abord pour les étudiants concernés mais aussi par la démonstration que les mesures xénophobes de ce gouvernement ne sont pas invincibles.

Il faut maintenant obtenir le retrait total de cette circulaire et non le simple « aménagement » que prévoient Guéant et Sarkozy. 

(voir Nationalité : Copé et l’UMP en embuscade.

Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme

Hortefeux doit partir !

Pourquoi les Roms ? Décryptage

Balladur et Sarkozy: de la préférence nationale à l'Identité nationale Europe : vague de racisme, les gouvernements responsables

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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 13:02

L'Assemblée Nationale a déjà voté le 12 octobre 2006, une loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens. Ce texte a été bloqué pendant plus de cinq ans au Sénat par une majorité composée de la droite et d’une petite partie de la gauche.
 Cette attitude de blocage contredisait déjà les promesses électorales de Sarkozy.  Celui-ci, alors candidat UMP aux élections présidentielles, avait  indiqué 
le 24 avril 2007, dans une lettre adressée à la communauté arménienne de France :
 
« Je partage pleinement votre volonté que la France s’oppose au négationnisme d’État, à une propagande qui vous meurtrit, une propagande indigne... ».
 L’explication tient sans doute dans le double jeu permanent de l’UMP ; ainsi, un document rendu public par le site WikiLeaks le 19 décembre 2010, a révélé qu’un conseiller diplomatique de l’Elysée, dépêché à Ankara le 29 mai 2007 par le même Sarkozy nouvellement élu, avait confié à ses interlocuteurs du gouvernement turc, que « Sarkozy s’assurera que le projet de loi du génocide arménien [pénalisant le négationnisme] meurt au Sénat français. »

Les associations arméniennes réunies au sein du CCAF, à l’instar de nos partenaires du Collectif VAN (vigilance arménienne contre le négationnisme) http://www.collectifvan.org, appellent sans relâche au vote d’une loi pénalisant le négationnisme. Cette loi est destinée non pas à museler les historiens, mais au contraire à les protéger des attaques des faussaires de l’Histoire.

Certains historiens et notamment Pierre Nora combattent toutes les lois dites «  mémorielles ».

(voir http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=59599

http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=59600

 L’historien Gilles Manceron, dirigeant de la Ligue des Droits de l’Homme, développe une position plus nuancée : pour lui, toutes les lois mémorielles ne sont pas infondées. La loi Gayssot de 1990 pénalisant la négation du génocide juif est selon lui justifiée en France où «l'antisémitisme est un phénomène qui a des racines plongeant loin et qui peut encore resurgir» et où «il y a une vigilance particulière à avoir». En revanche, «il n'existe pas de problème de racisme anti-arménien en France, il n'y a donc pas besoin de faire des lois pour protéger la sécurité des Arméniens». Cette position méconnaît ou néglige la particularité du génocide arménien dont la reconnaissance et la mémoire fait face aux immenses ressources d’un appareil d’Etat.

Les gouvernements turcs successifs mènent en effet un négationnisme d’Etat avec des moyens humains et financiers considérables visant à intimider les universitaires, les journalistes et le monde associatif.
 
L’une des armes du gouvernement turc consiste à faire plier ses opposants par des procès qui peuvent déboucher sur des dommages financiers colossaux (aux Etats-Unis, les sommes se chiffrent même en millions de dollars) ou au moins sur une perte de temps et d’énergie importante pour les personnes poursuivies.
 
En France, les historiens, les journalistes, les responsables associatifs, les hommes politiques, dès lors qu’ils travaillent hors des sentiers balisés par l’historiographie officielle de l’Etat turc, s’attirent des pressions, des menaces,   des insultes et des appels à la haine, diffusés à grande échelle sur Internet. Ces textes émanent le plus souvent des animateurs du site négationniste Turquie News, qui menacent de procès quiconque les traiterait de négationnistes.


 Aux Etats-Unis, pays de la liberté d’expression s’il en est, les chercheurs de l’Université du Minnesota font face à un procès intenté par la Turkish Coalition of America. Est particulièrement visé par cette procédure, le professeur français Bruno Chaouat, Directeur du Centre d’études de l’Holocauste et des génocides de l’Université du Minnesota [voir la pétition de soutien : http://soutien-chercheurs minnesota.org/fr/index.php].


 
Ceux qui nient justifient ou minimisent les génocides, utilisent le levier de la liberté de recherche et d’expression pour se poser en victimes de la censure alors que la réalité est tout autre : ce sont eux qui, pour bâillonner la vérité historique, portent plainte dès lors qu’ils sont désignés comme négationnistes du fait de leurs provocations permanentes.


La nouvelle vedette de l'UMP, Eric Zemmour, qui venait tout fraîchement condamné pour provocation à la haine raciale( Zemmour en procès : l’objet du scandale) a d'ailleurs attaqué cette loi lors de son intervention lors du colloque de ce parti à l'Assemblée nationale le 2 mars 2011.

Sous les applaudissements de l’aile dure dite « Droite populaire »  il a réclamé:

"Supprimez les lois sur la discrimination raciale, supprimez les lois mémorielles…Pendant que vous y êtes, si vous pouviez supprimer les subventions [des associations antiracistes], ça ferait du bien au budget de l’Etat et à la liberté."

La même droite dure est à l’offensive actuellement  pour empêcher le vote actuel.

Supprimer les lois mémorielles constitue une idée dangereuse pour Serge Klarsfeld, indigné, mais pas surpris, par les propos de l’éditorialiste. "Nous les attendions.  Pour l’historien, sans la loi Gayssot, "les attaques antisémites se multiplieront".

"Ces lois ont été votées par la gauche. De Nicolas Sarkozy à François Bayrou, ils s’étaient tous abstenus." Le défenseur des fils et filles de déportés juifs de France met toutefois en garde : "Si cette dérive se confirme, nous saurons nous en souvenir

En raison des sommes colossales dépensées par l’Etat turc pour faire prospérer la négation du génocide arménien de 1915 dans la perspective de son centenaire en 2015, le domaine de la recherche historique et celui de la presse risquent d’être de plus en plus touchés. Il est du devoir de la République de protéger les citoyens contre la pression négationniste, car « le législateur français ne fait pas l'histoire, mais prend acte de faits historiques incontestables et les rend opposables à toutes les personnes placées sous la juridiction de la France, au nom du principe absolu de respect de la dignité humaine. » ( Selon les termes juridiques du  Code Dalloz n°29 du 3/8/2006).
 

La négation  du génocide des Arméniens fonctionne comme tous les négationnismes: elle veut imposer un discours qui pervertit la vérité historique et sème la haine contre les victimes.

La résistance à de tels agissements est un commandement moral en même temps qu’un impératif intellectuel.

(Voir sur ce site

Actualité : 1er Mai, Arménie

Le 25 avril: contre tous les négationnismes.

Turquie : soutien à un intellectuel emprisonné

Négationnisme: ensemble le 25 avril à Paris

Arménie-Turquie: ouverture ou illusion ?

Génocide arménien : vers une reconnaissance en Israël ? Rassemblement contre le déni à Paris

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 22:56

  C’est une mort qui pourrait arranger beaucoup de monde, y compris des gens aux intentions peu louables.

Les deux néonazis et probables assassins multiples, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, âgés de 34 et 38 ans, ne sont plus de ce monde : ils sont morts d’une balle dans la tête, le 04 novembre 2011 à Eisenach, en ex-Allemagne de l’Est. Leurs corps calcinés ont été trouvés dans un camping-car ravagé par le feu, stationné dans cette ville de la région de Thuringe. Les deux Uwe seraient responsables, d’après les premiers éléments d’une enquête policière qui s’annonce longue, d’au moins une dizaine d’assassinats de petits commerçants d’origine immigrée, turcs dans leur grande majorité; une personne grecque y figure également. Ces crimes ont été commis entre 2000 et 2006 dans différentes villes d’Allemagne.

Depuis ce jour-là, les révélations sur les actions meurtrières du groupe auquel auraient appartenu les deux défunts, appelé « Nationalsozialistischer Untergrund » (NSU, « Clandestinité national-socialiste » ou « Maquis national-socialiste »), ne cessent plus. Tout comme les révélations sur la couverture que leur auraient procuré des autorités policières allemandes. En effet, les probables assassins avaient vécu dans la clandestinité depuis 1998, pendant pas moins de treize années. Ceci en ne quittant quasiment jamais la région, en tout cas pas pour longtemps. Or, pendant cette durée, ils disposaient de vrai-faux passeports délivrés (sous un autre nom) par des autorités de la région, leur permettant de se déplacer à l’étranger, entre autres en Hongrie et en Bulgarie.

Pire, des fonctionnaires de la police et surtout de l’ «  Office de protection de la constitution » (VfS, l’équivalent allemand des Renseignements généraux) de la région aurait été au courant des lieux où ils séjournaient. C’est ce qui ressort des révélations successives de la presse allemande depuis le 10 novembre dernier. Ainsi leur arrestation aurait été empêchée en 1998 par le VfS régional, alors qu’ils venaient de commettre un premier méfait, une tentative d’attentat à l’explosif contre un théâtre.

L’opinion publique, d’abord incrédule a appris, entre autres énormités, que ce même office de renseignement avait financé le groupe dans les rangs duquel les deux néonazis avaient d’abord milité dans les années 1990. Il s’agit du mouvement « Thüringer Heimatschutz » (« Protection de la patrie de Thuringe »), fort de 170 activistes prêts à la violence. Son ancien chef, Tino Brandt, aurait reçu pas moins de 200.000 deutschemark, l’équivalent de 100.000 euros, au nom de services qu’il aurait fournis en matière de renseignement. Or, se comportant plutôt en agent des nazis chez les policiers que l’inverse, Brandt aurait intégralement investi ces sommes dans ses activités d’extrême droite.

La version livrée par les autorités allemandes explique que les deux néonazis se seraient suicidés ou tués mutuellement, le 04 novembre, car leur cache venait d’être découverte par un policier en faction attendant des renforts. Juste avant, les deux hommes auraient effectué un énième hold-up dans une banque, mais cette fois-ci ils auraient fini par êtres découverts dans leur planque après avoir pris la fuite.

A peu près au même moment, à 180 kilomètres de là, à Zwickau – ville également située dans le sud de l’ex-RDA -, un appartement explosa. C’est une complice des deux néonazis, Beate Zschäpe, âgée de 36 ans, qui l’aurait fait sauter. Jusque-là, le « trio » avait vécu ensemble dans l’appartement, situé dans une zone d’habitation plutôt huppée. Sur place, les trois (Uwe Böhnhardt, Uwe Mundlos et Beate Zschäpe) avaient mené une vie en apparence normale, sous de faux noms, veillant à ne pas se faire remarquer. En même temps, les deux hommes avaient sillonné l’Allemagne dans des camping-cars, semant la mort dans plusieurs villes : Rostock, Nuremberg, Munich, Dortmund. Autour d’eux, un réseau comprenant au moins plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes les aidaient en leur prêtant des passeports et en fournissant de l’argent, des appartements, des  couvertures. Quatre personnes ont été arrêtées entre-temps, d’autres mises en examen.Les assassins néonazis n’étaient donc pas socialement isolés.

Entre eux existaient des différences flagrantes d’origine sociale : Uwe Mundlos était un fils de professeur d’université, lettré, passant pour quelqu’un de cultivé, issu d’un milieu favorisé, son complice Böhnhardt menait une existence sociale précaire. Ce dernier ne travaillait que par intermittence, en tant qu’ouvrier intérimaire. Une composition du « noyau dur » du groupe qui reflète le caractère hétérogène de la mouvance d’extrême droite, surtout en ex-Allemagne de l’Est. Celle-ci y exerce une sorte d’hégémonie culturelle, dans une partie non négligeable de la jeunesse masculine, au moins dans de nombreuses petites et certaines moyennes villes. Cette influence s’explique en partie par le discrédit d’un discours de gauche - identifié à l’ancien régime de la RDA -, la perte de repères et de perspectives sociales après la réunification. Il passe aussi par des concerts, des bars tenus par des néonazis, des styles vestimentaires partagés. Ainsi une grande auberge gastronomique, le « Gasthof zur Bergbahn », située à Oberweissbach en Thuringe passe aux yeux des enquêteurs comme l’un des centres de la logistique entourant le groupe clandestin NSU. Jusqu’à 150 néonazis et partisans d’extrême droite s’y étaient régulièrement réunis.

Selon ce qui a été révélé par les autorités jusqu’ici, la mort des deux hommes et l’explosion de l’appartement auraient obéi à un plan préalablement établi par les néonazis. En cas de découverte, il fallait se suicider et effacer toutes les traces. Or, ce n’est pas exactement ce qui fit Beate Zschäpe, puisqu’après l’explosion de l’appartement elle se rendit aux autorités. Depuis, elle se trouve en détention, mais garde le silence, tentant d’obtenir une remise de peine en échange d’un rôle de témoin de l’accusation face aux autres personnes arrêtées après elle.

La version des autorités est remise en cause de différents côtés, que ce soit de la part des amateurs de théories du complot, mais aussi  de façon plus sérieuse –par des militants antifascistes. En effet, les contradictions abondent. Ainsi, les enquêteurs prétendent que les autorités n’étaient pas au courant du fait que c’était le même groupe – le NSU – qui avait commis les différents assassinats d’immigrés commis tout au long des années 2000 à 2006. C’est  la découverte de l’arme du crime qui leur aurait permis d’y voir enfin clair, pour la première fois. Jusqu’ici, au sein de la police, la piste de crimes commis « entre immigrés » (par la mafia, par des Kurdes ciblant des Turcs, …) avait été privilégiée. Par ailleurs, l’assassinat d’une policière – Michèle Kiesewetter – commis à Heilbronn en Allemagne du Sud, en 2006, serait également à mettre sur le compte de ce groupe, pour des motifs encore obscurs. Dans ce cas aussi les autorités l’auraient ignoré jusqu’à la découverte de l’arme du crime, commune à tous ces assassinats. Or, selon d’autres informations de la presse, les différentes armes trouvées dans l’appartement étaient totalement déformées par l’explosion et ensuite par le feu, rendant difficile toute identification, alors que l’information sur l’utilisation de cette arme avait été donnée immédiatement. La « découverte » du point commun des crimes à travers l'arme semble donc mensongère

Par ailleurs, l’hebdomadaire « Der Stern » mentionne un rapport des services états-uniens qui, au moment de l’assassinat de la policière en 2006, menaient une opération de filature d’islamistes radicaux dans la même ville. Ils auraient d’ailleurs été obligés de mettre fin à leur opération en raison de ce meurtre, puisque des enquêteurs de police se rendaient massivement sur place. Ce rapport mentionne dès 2006 que les assassins de la policière étaient « d’extrême droite ». Or, les autorités allemandes prétendent qu’elles viennent seulement de découvrir cette piste, en novembre 2011.

Ainsi, des militants antifascistes, tels que Wolf Wetzel, membre de la « Coordination anti-nazie » de Francfort, analysent que les assassins du NSU auraient plutôt pu êtres liquidés par leurs commanditaires ou par des anciens protecteurs. Peut-être en savaient-ils trop, ou étaient-ils devenus encombrants. Pour couvrir ce fait , suppose ainsi Wolf Wetzel, des informations qui se trouvaient déjà dans les dossiers depuis longtemps auraient été rendues publiques.

Au-delà du périmètre des activités du groupe NSU, des liens avec le parti néonazi NPD semblent être attestés. En témoignent des interpellations de complices du groupe clandestin, et notamment celle du militant Ralf Wohlleben - ancien chargé des relations avec la presse du NPD en Thuringe. Il a été arrêté le 29 novembre 2011 pour avoir procuré une arme et des munitions aux membres du NSU. Il apparaît que le groupe entretenaient également des liens avec le réseau international néo-nazi « Blood and Honour ». Au-delà de ces liaisons, c’est la question du rôle exact des autorités qui est Posée. La députée régionale du parti Die Linke (équivalent allemand du « Front de gauche ») en Saxe, région voisine de la Thuringe, Kerstin Köditz, a ainsi déclaré : « De la part des services VfS en Thuringe et en Saxe, je m’attends à beaucoup de choses. Mais uniquement à des choses négatives.»

On constate une fois de plus que des fascistes ou néonazis avérés travaillent, en tant qu’ ’’ agents doubles », à la fois pour les services de police et pour l’extrême droite. Ce n’est d’ailleurs pas nécessairement contradictoire dans leur esprit, puisqu’ils ne se vivent pas comme des « traîtres » travaillant contre leur camp idéologique. Au contraire, l’existence de réseaux d’extrême droite au sein de la police tout autant que la fascination de l’uniforme a toujours pu contribuer à ce qu’ils se reconnaissent dans ces deux facettes de leur activité. Cette intrication est d’autant moins étonnante qu’en Allemagne fédérale d’après-guerre la police et l’armée ont été construites en bonne partie par d’anciens nazis. Le parti NPD, principale formation de l’extrême droite activiste en Allemagne, entretient depuis des décennies un département rattaché à sa direction, qui s’occupe des « agents doubles» dans ses rangs. C’est ce département qui détermine quelles informations ils sont amenés à fournir aux appareils de police et de renseignement.

En 2003, une procédure engagée par le gouvernement fédéral et visant à faire interdire le NPD échoua justement en raison de la  très forte présente policière dans ses rangs.  La Cour constitutionnelle estima que les services de renseignement ne pouvaient pas être à la fois juges et parties et que l’Etat ne saurait demander l’interdiction d’un parti qu’il avait infiltré à ce point. Le risque étant, au plan juridique, qu’il pouvait pousser un parti politique à la faute par l’action de ses « agents provocateurs ».  La réalité est, cependant, souvent différente : il s’agit bel et bien d’agents doubles conscients, s’affirmant en tant que tels, qui travaillent aussi bien pour l’extrême droite  par conviction que pour les services de renseignement.

L’affaire n’en est qu’à ses débuts ; les antifascistes d’Allemagne se mobilisent pour mettre à jour les manipulations de l'appareil policier. Celui-ci vient de faire la preuve de son incapacité ou de  son refus à combattre la violence meurtrière de l’extrême-droite.

Bernard Schmid pour MEMORIAL 98

(à lire aussi: Allemagne: le bacille de Koch

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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 00:10

 

Il y a vingt-cinq ans sortait en France « Welcome in Vienna », un film qui nous laissa abasourdis par son réalisme et sa noirceur. Le film décrit l’arrivée à Vienne de jeunes juifs autrichiens et allemands ayant dû fuir leur pays et qui reviennent comme GI’s après la défaite nazie.

La confrontation avec la société viennoise, encore largement empreinte de nazisme, est terrible.

Cette fois ce sont les 3 films de la trilogie qui sortent dans les salles. Les deux premiers décrivent la fuite devant les nazis ( « Dieu ne croit plus en nous ») et leur arrivée aux Etats-Unis (« Santa Fe »). Il semble qu’ils sont de la même qualité que l’œuvre qui donne son nom à la trilogie

Le réalisateur, Axel Corti, prématurément décédé en 1993,  a travaillé  sur un scénario largement autobiographique de Georg Stefan Troller.

 Il semble que l’œuvre existe en vidéo mais profitez de cette sortie exceptionnelle pour voir ou revoir Axel Corti.

(voir aussi Nuit de cristal : 70 ans après(I) Terrible Autriche

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Le négationnisme s'infiltre au sommet de l’Europe.

Berlin : hommage à une Juste allemande

Rééditer Mein Kampf ?)

MEMORIAL 98

P.S: « Dieu ne croit plus en nous » est tout aussi exceptionnel et noir. Il relate la fuite et la traque des Juifs d'Autriche et d'anti-fascistes, quand la terre entière constituait une "planète sans visa". Les réfugiés juifs et anti-nazis en France furent d'ailleurs internés en tant que "resortissants ennemis".

 

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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 18:49

 

"La carte d'identité, elle n'est souvent que la carte bancaire, voire la carte Vitale pour certains", vient de  déclarer le 10 Novembre le député Lionnel Luca (Droite populaire/UMP)

« La carte  nationale d'identité n'est pas la Carte Orange  », écrivait Jean-Marie Le Pen, qui siégeait à l’’Assemblée Nationale entre 1986 et 1988,  dans l'exposé des motifs de sa proposition de loi n° 82 « tendant à modifier le code de la nationalité française ».

L'UMP s'est prononcée, jeudi 10 novembre, pour un retour à la loi Pasqua de 1993 sur l'acquisition de la nationalité. Le parti majoritaire entend aussi mener, lors de la campagne présidentielle, une "bagarre sans concession" contre le projet du PS d'accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires pour les élections locales.

Actuellement, en vertu du droit du sol, - et de la loi Guigou de 1998 réformant la loi Pasqua de 1993 - tout enfant né en France de parents étrangers en séjour régulier  devient, sauf refus de sa part, automatiquement français à sa majorité s'il vit en France ou a vécu en France pendant cinq ans depuis ses 11 ans. Désormais, il devrait, à 18 ans, "en faire la demande" écrite.

La proposition avait été initiée dès l'an dernier par la Droite populaire, qui a obtenu la tenue de cette rencontre baptisée « atelier », organisée par l'UMP.  La réunion a été marquée par une protestation de Jeannette Bougrab. En "fille de harki", la secrétaire d'Etat à la jeunesse s'est élevée, contre "certains mots qui blessent". Elle visait l'historien Dimitri Casali et Malika Sorel-Sutter, connus pour leur hostilité aux personnes d’origine musulmane,  orateurs invités de cette réunion,  qui ont dénoncé une ghettoïsation des immigrés plus "voulue" que "subie".

Arno Klarsfeld, président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, a du lui aussi  mettre en garde contre le risque de "faire des jeunes qui ont toutes leurs attaches en France des CDD de la nationalité française".

L’UMP, sous la houlette de Copé et de la Droite Populaire, veut-elle relancer la guerre du Code de nationalité et tenter de remettre en cause le "droit du sol", dont bénéficient chaque année 30 000 jeunes nés ici de parents étrangers  ?

(voir Sarkozy et Copé aux côtés du Front National.

Succès du Front National: quelles conséquences?)

C’est ce que suggérait déjà  le contenu du fameux discours de Sarkozy à Grenoble le 30 juillet 2010 sur les « déchéances de nationalité » et ce passage ;  « … Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la deuxième, voire de la troisième génération, se sentent moins Français que leurs parents ou leurs grands-parents  ».

L’insistance personnalisée  sur ce  terme infamant de « déchéance » laissait alors penser que Sarkozy s’apprêtait à reprendre le « chantier » emblématique du code de nationalité  entamé en son temps par son maître Pasqua et sur lequel celui-ci dû reculer dans des circonstances particulières.

Ce faisant, Sarkozy, Copé et la Droite Populaire recycleront -une fois de plus- les théories du Front National, installées dans la panoplie de la droite dans les années 1980, par l’intermédiaire du Club de l’Horloge.

Ce club, qui se positionnait comme une passerelle idéologique entre le FN et la droite, écrivait dès 1984 : «  Aujourd'hui le code de la nationalité est une machine à fabriquer des "Français de papier", qui n'ont ni assimilé notre culture ni affirmé leur attachement à la patrie. Pour maintenir notre identité nationale, il est urgent de réformer cette législation. Le Club de l'Horloge, qui a lancé ce débat dans l'opinion, décrit ici la réforme qu'il faudra réaliser tôt ou tard… » 

La mise en pratique de  ces théories fut concrétisée par Chirac et Pasqua, en 1986, lors du retour de la droite aux affaires. 

Elle fut symbolisée par la tentative de supprimer le traditionnel droit du sol et le droit à la nationalité française pour les enfants nés en France et issus de parents étrangers. "Être Français, ça se mérite" disait déjà Pasqua. Dans cette bataille du code de nationalité, le gouvernement Chirac-Pasqua, qui pensait remporter une victoire décisive, fut contraint de reculer fin 1986, en raison des grandes mobilisations étudiantes contre la loi Devaquet et les « facs-Tapie ». L’épisode tragique de la mort du jeune Malik Oussekine, battu à mort par la police le 6 décembre de cette même année symbolisa la violence contenue dans les projets gouvernementaux  .

En 1993, la droite reprit son offensive et imposa notamment une "déclaration de volonté" des jeunes nés de parents étrangers; l'absence de cette déclaration avant 18 ans supprimait leur accession automatique à la nationalité.

 La remise en cause du code de nationalité est dans notre pays, un marqueur historique de la convergence-concurrence de la droite avec le Front National. Elle est aussi au cœur de l’obsession de l’ « envahissement », distillée depuis des décennies.

 En effet, la droite entretient depuis 30 ans des rapports ambigus avec le FN, depuis que l’UMP de l’époque s’est alliée avec le Front National lors de l’élection municipale de Dreux en Septembre 1983. Depuis le début de sa carrière politique, Sarkozy applique le principe de son inspirateur, Pasqua. Celui-ci a résumé sa doctrine, à la veille de la présidentielle de 1988, dans le magazine Valeurs actuelles du 2 mai 1988: « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité »

(voir aussi Identité nationale : comment l’idée vint à Eric Besson

Sarkozy-Le Pen: le livre qui révèle

Sarkozy et le Front National: une liaison dangereuse

Mais au-delà du calcul électoral, le jeu avec le FN sert de paravent à une entreprise plus profonde et plus dangereuse, car venant du cœur du système de domination politique. L’enjeu stratégique porté par Sarkozy inclut toujours l’unification de la droite autour du thème de la défense de l’« identité nationale » menacée, thème récurrent et éternel de la droite nationaliste dans notre pays.

C’est la reprise du cri traditionnel de la droite nationaliste des années 1930 : Dehors les métèques !

Juifs dans les années 30, Musulmans et Roms  aujourd’hui, pour eux, il s’agit toujours de désigner un ennemi national contre lequel se rassembler.

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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 12:02

 

Le film "Welcome" de Philippe Lioret qui passe ce jeudi 27 Octobre sur France 3 jette un pavé dans la mare en décrivant, à travers une fiction forte et émouvante, la situation des sans-papiers de Calais et de ceux qui s’engagent dans une démarche d’aide à leur égard.

 L’escalade pratiquée par le ministre actuel de l’Intérieur et de l’Immigration donne toute son actualité à ce film ; son passage télévisuel est particulièrement opportun.(voir Au côté des Roms, contre la violence. )

 Lors de sa sortie en salles en 2009, l’alors ministre de l'Identité Nationale et de l'Immigration et ci-devant socialiste, Eric Besson, avait  cru bon de mettre en cause le film et son réalisateur qui aurait comparé le sort de ces « clandestins » et celui des Juifs pendant la guerre. L'accusation était grave, mais fausse.

En réalité, Lioret avait évoqué, lors d'une interview, les sentiments de ceux qui aident des immigrés en difficulté et sont menacés comme ont pu l'être ceux qui cachaient des Juifs.

Nous sommes particulièrement vigilants à propos des assimilations abusives concernant la Shoah et n'hésitons pas à critiquer de  telles dérives Europe: contre l'enfermement des étrangers « Nous soutenons donc les initiatives du collectif européen des associations et du réseau éducation sans frontières (RESF) Nous tenons néanmoins à marquer notre désaccord avec une des formules de l'appel qui parle de "logique concentrationnaire". Ce terme est déplacé et hors de propos. La" logique concentrationnaire" a acquis une signification précise, en rapport avec des génocides dont la Shoah. Il n'y a aucune justification à ces écarts de langage et nous le faisons savoir aux organisateurs qui ont rédigé le texte... »)

 Mais il était par contre légitime d'alerter à propos de la criminalisation croissante de ceux qui viennent en aide bénévolement à des sans-papiers (voir Sans papiers:soutien criminalisé ? ). Toute la presse avait rapporté le cas de la personne de Béthune placée en garde-à-vue et menacée pour avoir rechargé les téléphones portables des sans-papiers qui n'ont pas de prise électrique à leur disposition. Il est aussi légitime et nécessaire d'évoquer les « rafles » actuelles, correspondant aux objectifs chiffrés de sans-papiers à arrêter et expulser. Il est légitime et nécessaire de décrire la « chasse au faciès » qui contribue à ces arrestations.

Le  zèle courtisan de Besson s'explique sans doute par le caractère emblématique de la situation à Calais, aux yeux de la cour sarkozyste. En 2002, alors  qu'il était ministre de l'Intérieur, Sarkozy avait érigé en symbole de sa « poigne » la fermeture  du centre d’accueil de réfugiés de la Croix-Rouge à Sangatte, tout proche de Calais. La conséquence en est que les sans-papiers n'ont plus aucun abri, dorment dehors ou dans des abris de fortune et survivent grâce à l'aide de militants associatifs.

Eric Besson avait aussi prétendu que le film déformait la réalité et que personne n'avait été mis en cause pour une aide bénévole aus sans-papiers. Quelques semaines plus tard le jugement ci-dessous avait démontré le contraire.

 Nous avions déjà précédemment évoqué le cas d’André Barthélemy, membre de la Commission nationale consultative des droits de l'homme et président de l'ONG lyonnaise Agir ensemble pour les droits de l'homme (AEDH). Il a été condamné, le jeudi 19 mars 2009, à 1500 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir protesté contre l'expulsion de deux Congolais. Alerté par les cris de deux passagers sans-papiers reconduits et escortés à bord d'un vol Air France Paris-Brazaville en avril 2008, M. Barthélemy aurait, selon la police, protesté contre les conditions de cette reconduite, incitant les autres passagers à la révolte. Les magistrats l'ont reconnu coupable de "provocation directe à la rébellion" et "d'entrave volontaire à la navigation".

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