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Cet article est publié en commun avec nos camarades du blog Opération Poulpe avec qui nous avions lancé l'appel pour le 12 mai (voir Peste brune : non à la parade de l'extrême-droite le 12 mai.) Nous vous invitons à consulter leur blog http://operationpoulpe.blogspot.fr/

 

MEMORIAL 98

 

 Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme à l'adresse du groupe Memorial 98  http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ .

Ainsi ces derniers jours nous avons révélé que Vialatte député-maire de Six-Fours dans le Var qui, à propos des incidents du PSG a lancé des propos xénophobes et insultants à l égard des « descendants d’esclaves », est un récidiviste proche de l’extrême-droite: en 2008, il avait organisé dans sa ville l’accueil dans une salle municipale d’un congrès rassemblant la fine fleur de l’extrême-droite et du négationnisme. Nous l’avions alors dénoncé, avec les associations locales (voir Soutenir la mobilisation contre le négationnisme! )

 

 

Ne pas laisser passer: tel était pour nous le sens de l'exigence lancée à la Préfecture de Police et à la Mairie de Paris pour qu'elles prennent les mesures nécessaires afin que néo-nazis, nostalgiques de Vichy et fascistes du 3e millénaire ne défilent pas une nouvelle fois dans le centre de Paris le 12 mai.

 

Nous ne sommes pas naïfs: en une année de gouvernement de gauche, seules deux manifestations de l'extrême-droite ont été interdites et ce en début de mandat : une à Lyon et une à Paris, toutes deux organisées par la branche jeunesse de l'Oeuvre Française, les Jeunesses Nationalistes

 

Depuis, c'est le laisser faire quasi-total, alors même que se multiplient les actes de violences contre les membres des « minorités », ainsi que les attaques signées d'une croix gammée, d'une croix celtique, du sigle du GUD ou des Jeunesses Nationalistes contre les lieux de culte, les locaux associatifs ou politiques.  Ainsi  lors des manifestations homophobes contre le mariage pour tous, les divers groupes fascistes  et intégristes s'en sont donnés à cœur joie dans le style du fantasme de  « Février 1934 ».

 

 

Cette semaine de mobilisation annuelle des groupes fascistes s’est inscrite dans ce contexte. Outre les manifestations parisiennes du 12 mai autorisées par la préfecture de Police, des actions ont été organisées le jeudi 9 mai, à Lyon, à Rennes et dans d'autres régions par les Jeunesses Nationalistes.

 

 

Les  forces de police ont bien mis en oeuvre des mesures répressives :  pas contre   les fascistes, mais contre celles et ceux qui ont, fort légitimement, tenté de s'opposer aux parades néo-nazies.

 

 Ainsi à Lyon, une contre-manifestation antifasciste le 9 mai a donné lieu à l'arrestation immédiate de 25 militantEs, dont six ont vu leur garde-à-vue prolongée après les premières 24H, tandis que leurs soutiens venus manifester au commissariat voyaient leur identité contrôlée. Pendant ce temps, les Jeunesses Nationalistes manifestaient, sous protection policière.

 

À Rennes le même jour, c'est la mobilisation des antifascistes et pas celle des pouvoirs publics qui a empêché la tenue du rassemblement des Jeunesses Nationalistes,

À Paris, la Préfecture de Police qui trouve parfaitement normal et conforme à l'ordre public de laisser défiler des milices néo-pétainistes et des jeunes gens vêtus de noir faisant le salut fasciste a infligé une garde-à-vue de 9 heures aux Femen venues déployer une banderole anti-nazie, sous le prétexte de s’être livrées à une  « exhibition sexuelle ».  On notera au passage le parallélisme de cette qualification policière et les nombreuses insultes sexistes et vulgaires proférées à l’encontre des Femen par les manifestants d'extrême-droite.

 

L’attitude des autorités face à notre appel apporte un triste démenti  à celles et ceux qui objecteraient l'existence d' « autres méthodes  plus respectueuses des règles » pour empêcher l'exhibition publique de la haine raciste, antisémite, sexiste, homophobe. En effet, notre appel a connu une diffusion  importante, à la fois sur les réseaux sociaux, sur les sites de collectifs et d'organisations antiracistes. Le journal l'Humanité a relayé notre appel dans son intégralité. Nous remercions notamment la LDH Toulon, Ras l'Front Rouen, le collectif antifasciste de Bordeaux et tant d’autres qui ont diffusé et publié cet appel . De très nombreux  mails  ont été envoyés, à la Préfecture de Police, au Ministère de l'Intérieur, au Maire de Paris. 

 

Les différentes autorités ont autorisé les différents défilés et ont de surcroît préféré opposer un silence quasi-total à nos demandes. L'exception concerne le cabinet du Maire de Paris, qui a prétendu avec une certaine hypocrisie n'être aucunement concerné par nos messages,  en nous renvoyant vers  la Préfecture de Police. Pourtant, en 2008, le Maire de Paris avait lui-même demandé au Préfet l'interdiction de ces mêmes manifestations et l’avait obtenue. Il est vrai qu'à l'époque, il s'agissait d’un  gouvernement de droite ; la dénonciation de sa complaisance face à l'extrême-droite offrait des avantages politiques plus immédiats à la veille d'élections municipales.

 

C'est grâce à la mobilisation de tous ceux qui refusent le silence et la passivité face à l'offensive fasciste que l’atmosphère peut se modifier et entraîner aussi les grandes organisations antiracistes: ainsi SOS Racisme nous a fait savoir qu’elle avait de son côté demandé l'interdiction mais sans juger utile, à notre connaissance,   de communiquer publiquement sur le sujet.

 

«  Ils n'étaient que quelques centaines, et même moins que l'année dernière » lit-on ici et là en guise de commentaire face aux parades du 12 mai.  Mais l'examen attentif de la situation dans l'Hexagone montre, certes que les néo-nazis et fascistes assumés ne sont souvent que « quelques centaines », voire « quelques dizaines » lors de leurs actions.  Mais ces actions se démultiplient sur le territoire, et  se déroulent  chaque semaine.

 

D'autres encore affirment qu'il s'agit là d'une mouvance, certes dangereuse, mais isolée. La réalité est cependant autre : les Jeunesses Nationalistes sont parfaitement intégrées aux manifestations homophobes, il arrive même, comme à Lyon le 5 mai dernier , qu’en alliance avec le GUD, elles prennent la tête d'une de ces manifestations et en chassent Frigide Barjot.

 

Partout en Europe, l'ascension de l'extrême-droite « légale », va de pair avec celle des courants qui prônent ouvertement la violence et assument publiquement l'héritage des fascismes du XXe siècle. Partout en Europe, la dédiabolisation de l'extrême-droite légale va de pair avec la tolérance sur les agissements de l'extrême-droite radicale et violente, présentée par les pouvoirs publics, de droite ou hélas de gauche comme un « épiphénomène ».

 

En France comme ailleurs, d'ailleurs ces deux extrême-droite sont liées organiquement et au quotidien : ainsi ce mercredi 15 mai, l'invité de « 3ème Voie » au local parisien de Serge Ayoub est Robert Ménard, journaliste reçu sur de nombreuses chaînes de télé et de nombreux médias radiophoniques et qui a déjà annoncé sa probable candidature aux municipales à Béziers dans le cadre du Rassemblement Bleu Marine, censé constituer l'aile « modérée » du FN.

 

 Nous continuerons à ne rien laisser passer, à dénoncer inlassablement l’extrême-droite et ses idées de xénophobie et de haine, à montrer au gouvernement de gauche que celles et ceux qui l'ont porté au pouvoir n'acceptent pas les parades fascistes comme un mal nécessaire.

 

MEMORIAL 98

OPERATION POULPE

 

 

 

Cet appel est publié en commun avec nos camarades du blog Opération Poulpe; nous vous invitons à consulter leur blog http://operationpoulpe.blogspot.fr/

MEMORIAL 98

 

Sur Facebook suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

 

Pour relayer efficacement  cet appel auprès de la Préfecture de Police, infos en fin de texte.

 

 

Ce 12 mai, une nouvelle fois, l'extrême-droite la plus violente annonce plusieurs manifestations dans Paris.

 

Plusieurs groupes et organisations, dont certains sont ouvertement néonazis, vont en effet « commémorer » à leur manière, la mort d'un de leurs militants, survenue le 9 mai 1994 suite à une manifestation non autorisée et violente, organisée par le GUD ; pour certains d'entre eux il s’agit aussi de  rendre leur « hommage » à Jeanne d'Arc.

 

Le premier cortège  partira de la Madeleine à 10h ; il  est organisé par le groupe « 3ème Voie » son dirigeant Serge Ayoub alias « Batskin’ , a animé nombre d’organisations et de mouvances, dont certains militants ont très rapidement franchi le pas vers la violence active, voire le meurtre. Ainsi le 18 juin 1990 au Havre, le jeune James Dindoyal était empoisonné puis jeté à l'eau, avant de décéder dans d'atroces souffrances. Les responsables étaient deux membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, proches de Serge Ayoub (1).

 

Aujourd'hui, Serge Ayoub et ses troupes prétendent à la respectabilité : cependant, très récemment, le 23 avril dernier  les deux militants armés venus soutenir les agresseurs homophobes du bar de Lille et interpellés par la police, ont fait référence à leur appartenance au groupe 3ème Voie (2).

 

Cette manifestation est appelée au nom de la lutte contre l’’ impérialisme ». Or, la dernière initiative de ce type (3) a rassemblé autour de 3ème Voie des organisations de défense de la dictature syrienne, organisations dont les militants ont attaqué très violemment, à Paris et ailleurs en France, des manifestations organisée par les démocrates syriens (4).

 

Cette initiative est d’ailleurs rejointe par d'autres groupes  notamment une partie des « nationalistes autonomes », belges et français, dont la dangerosité immédiate n'est plus à prouver. Ainsi, leur section  de Nancy s‘est spécialisée dans l‘agression des cibles habituelles de l'extrême-droite, membres des minorités ou des mouvements progressistes (5).

 

La seconde manifestation est appelée notamment par l'Oeuvre Française, à 10h à la Concorde. On y trouvera aussi les Jeunesses Nationalistes et le GUD. Ces trois organisations sont ouvertement pétainistes et pro-nazies. Leur propagande est faite d'un mélange extrêmement violent d'antisémitisme, de racisme, d'homophobie et de négationnisme. Les Jeunesses Nationalistes comme le GUD sont à l'origine de nombreuses agressions ces deux dernières années : très récemment, le GUD a appelé ouvertement à la violence contre les homosexuels (6), et l'un de ses membres a également été condamné pour l'agression grave d'un jeune musulman dans les Yvelines (7).

 

Plus globalement c'est autour de ces groupes et de leur propagande en ligne, que gravitent et se forment les individus qui attaquent les locaux des associations LGBT, des forces de gauche, les centres de  planning familial, les mosquées. C'est aussi sur leurs sites et leurs pages Facebook que sont diffusées des théories meurtrières contre les Juifs et les Roms et des appels au passage à l’acte contre ces populations.

 

L'après-midi, une troisième manifestation se tiendra à l'appel de CIVITAS, et nul doute que nombre des manifestants du matin iront ensuite grossir les rangs de l'organisation catholique intégriste.

 

Ces dernières semaines, galvanisée par l'élan violent des manifestations homophobes, cette extrême-droite n'hésite plus, même dans la capitale, à passer à l'attaque physique contre les manifestations ou les militants : le 1er mai, un cortège en hommage à Brahim Bouarram a été attaqué par une quarantaine de néo-fascistes armés (8).

 

ll ne s’agit pas de « groupuscules » sans importance ou anecdotiques:  ces groupes sont parfaitement intégrés et tolérés, aussi bien dans les manifestations homophobes soutenues par l'UMP que  dans les défilés du FN « dédiabolisé", quoi qu'en disent Marine Le Pen ou Frigide Barjot. C'est bien au sein du défilé du FN du 1er mai, au vu et au su de son service de sécurité, qu'ont par exemple été diffusées et collées des affiches comportant l'adresse personnelle de journalistes et d'intellectuels désignés comme les cibles à abattre (9)

 

Comment comprendre que de tels défilés belliqueux, organisés par des individus et des organisations ayant fait la preuve de leur violence, se voient autorisés ?

 

Stopper cette agitation haineuse et dangereuse doit constituer une priorité pour un gouvernement se revendiquant du progressisme et affirmant vouloir protéger les minorités mises en cause.

 

 Il n'y a aucun obstacle juridique pour interdire ces manifestations du 12 mai : les précédents violents lors des manifestations d’extrême-droite sont légion, même en prenant uniquement en compte les derniers mois. Le «  trouble à l'ordre public » est donc bien constitué sauf si l’on considère que l'attaque de certaines catégories de la population ne provoque pas un trouble conséquent et important.

 

La démocratie, c'est la protection du droit de chacun à vivre en paix ; elle ne consiste à pas autoriser les appels à la violence contre une partie de la population, même sous couvert de liberté d'expression.

 

Ça suffit. Nous refusons de vivre dans la peur des violences qui entourent ces défilés de la haine.

 

 

Nous exigeons du Ministre de l'Intérieur et du Préfet de Police qu'ils mettent un terme à cette agitation haineuse permanente et qu'ils prennent les mesures nécessaires pour rendre l'espace public à tous et à toutes.

 

Nous demandons également à toutes les  organisations progressistes et antiracistes et notamment aux plus importantes d’entre elles de prendre la mesure de la gravité de la situation et de se mobiliser pour que ce 12 mai ne voit pas une nouvelle banalisation des parades fascistes.

 

  (1)http://www.liberation.fr/histoires/0101262224-skins-tueurs-a-la-biere-empoisonnee-les-meurtriers-d-un-mauricien-au-havre-demasques-huit-ans-apres

(2)http://www.nordeclair.fr/faits-divers-justice/violences-homophobes-deux-skinheads-armes-etaient-ia0b0n198056

(3)http://www.streetpress.com/sujet/73877-les-skinheads-de-troisieme-voie-defileront-samedi-au-coeur-de-paris

(4)http://www.lemonde.fr/proche-orient/portfolio/2011/10/03/portraits-d-opposants-syriens-agresses-a-paris_1581630_3218.html#ens_id=1481132

(5)http://www.libestrasbourg.fr/actu/2011/02/cinq-skinheads-suspectes-dagressions-en-serie.html

(6)http://yagg.com/2013/04/03/provocation-homophobe-du-gud-linter-lgbt-va-porter-plainte/

(7)http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/31/deux-militants-d-extreme-droite-comparaissent-pour-agression-contre-un-musulman_1637089_3224.html

(8)http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/1er-mai-des-militants-anti-fascistes-agresses-lors-d-un-hommage-7948618.html

(9)http://www.europe1.fr/France/Le-Monde-va-porter-plainte-contre-le-FN-1503797/

 

  Comment relayer cet appel ?

 

-D’abord, en le faisant parvenir au Préfet de Police de Paris, tel quel, ou en l'accompagnant d'un message individuel courriel.prefecturepoliceparis@interieur.gouv.fr

- En le doublant d'un envoi au Ministre de l'Intérieur, formulaire de contact ci-dessous ( il suffit de copier-coller le texte de l'appel): http://www.interieur.gouv.fr/Infos-du-site/Nous-contacter/Ecrire-au-ministre-de-l-Interieur

-En l'envoyant au Maire de Paris , formulaire de contact ci-dessous : http://www.paris.fr/contacts/Portal.lut?page_id=5722&document_type_id=12&document_id=10737&portlet_id=12354

-En l'envoyant aux députés socialistes parisiens: pbloche@assemblee-nationale.fr, contact@cambadelis.net, caresche@club-internet.fr, daniele.hoffman-rispal@wanadoo.fr, jmleguen@assemblee-nationale.fr, alepetit@assemblee-nationale.fr, contact@sandrinemazetier.fr, dvaillant@assemblee-nationale.fr,

 

Vous pouvez également l'envoyer aux associations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, de défense des droits de l’homme, afin qu'ils prennent des initiatives contre ces parades d'extrême-droite. Et bien sûr, le diffuser dans vos propres réseaux... ou faire votre propre appel.

 

 

Memorial 98

 

Operation Poulpe.

 

Suivez l'actualité quotidienne de la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme sur la page Facebook de Memorial 98 à l'adresse http://www.facebook.com/groups/348947755137242/ 

 

 

 

 

 

À la veille de ce premier mai 2013, la situation en Europe est inquiétante : la crise économique favorise dans de nombreux pays la progression de forces réactionnaires qui désignent les immigrés et d’autres groupes minoritaires comme responsables des difficultés économiques et sociales. La droite officielle se radicalise et mène une offensive contre ce qu’elle nomme « multiculturalisme ».  Des partis d’extrême-droite ou carrément néo-nazis s’installent comme en Grèce, en Hongrie et dans notre pays. La gauche traditionnelle ne tient pas ses promesses et recule face à la xénophobie. Les organisations syndicales se dispersent. Dans cette situation, plusieurs associations et collectifs locaux dont l’association Memorial 98  se sont rassemblées dans une coordination nationale contre l'extrême droite (CONEX voir Antifascisme: regroupement des forces et ci-dessous)

Cette coordination lance un appel à participer aux mobilisations et manifestations du monde du travail.

De plus à  Paris, se déroulera la traditionnelle et toujours nécessaire cérémonie de commémoration de l’assassinat du jeune Brahim Bouarram, jeté à la Seine le 1er mai 1995 par des individus issus du cortège du Front National (voir ci-dessous). Nous y serons présents

(Voir aussi sur ce site

Copé/Fillon: le démon des origines

Copé : au-delà de la provocation

Roms : les mauvaises actions du gouvernement.

8 mai: l'adieu à Sarkozy

Danger:les dirigeants européens encouragent le racisme )

 

MEMORIAL 98

 

 

 

Coordination Nationale contre l’extrême droite

 

1er mai 2013 : la CONEX appelle à l’action avec

     le monde du travail, contre l’extrême droite 

 

Refus de tous les racismes et de l’homophobie, Non à la division des travailleurs !     

                                 Non aux politiques d’austérité !

                Oui à l’égalité, la fraternité et au vivre ensemble.

         La crise économique qui sévit dans le monde capitaliste depuis 2007, continue à faire des ravages et des victimes.

Pour augmenter leurs profits, faire  baisser les salaires et rendre la situation des travailleurs et des salariés encore plus précaire, les patrons du CAC 40 ou les institutions financières d’investissement menacent de délocaliser les entreprises ou encouragent les Etats à créer de nouveaux codes du travail, donnant plus de marges de manœuvre et de pouvoir au MEDEF.

C’est dans un tel climat détestable associé à la croissance du chômage et la montée des profits de la bourse que l’extrême droite endosse un habit pseudo social, crie à la «trahison de la gauche» et tente   de séduire le monde du travail.

Longtemps mis en quarantaine, le Front national (FN) sort de l’isolement grâce à l’action de Nicolas Sarkozy et de ses lieutenants qui ont conduit l’UMP à adopter le langage et le populisme de l’extrême droite. Comme pour le FN, la recherche de boucs émissaires fait désormais partie de la politique d’une partie de la droite qui n’hésite pas à stigmatiser les Roms, les chômeurs, les sdf ou nos concitoyens musulmans.

Par ailleurs, les promesses du candidat Hollande, concernant le droit de vote des immigrés ne sont toujours pas tenues par le président Hollande, et son ministre Valls continue de stigmatiser et d’expulser Roms et sans papiers.

Tout cela ne peut que conforter l’extrême droite qui, ainsi « dédiabolisée », investit la rue, notamment lors des « manifs pour tous » homophobes. Dans les urnes, son quasi succès à la législative partielle dans l’Oise, témoigne de cette montée en puissance du danger fasciste. 

Face à cette offensive, la création d’une «Coordination nationale contre l’extrême droite» (CONEX) était devenue une urgence nationale.

Nous appelons tous ceux qui partagent nos idées et nos combats à descendre le 1er mai 2013 partout dans la rue, à manifester avec les travailleurs leur refus de l’austérité, de la précarité et de l’impunité des racistes qui attisent la haine de l’autre et la division. 

A l’échelle nationale, la bataille de la rue et des idées contre l’extrême droite, ne fait que commencer pour la CONEX qui œuvre pour la fraternité et le vivre ensemble des travailleurs de toutes origines, des salariés, des exclus et des précaires.

                         Contact : conex@riseup.net    

 

 

Appel pour un 1er mai de refus du racisme et de la xénophobie

RASSEMBLEMENT le 1er mai 2013, de 11h à 12h Pont du Carrousel à Paris 75001

 

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs venaient de quitter le défilé du Front national.

 

Dix-huit ans plus tard, les discours de stigmatisation, de discrimination et de rejet de l’autre ont fait tache d’huile. L’année dernière, ici même, nous avons été nombreux à exprimer notre espoir d’un changement de politique favorable aux immigré-e-s et leurs familles. Nous espérions une lutte plus affirmée contre les discriminations, et pour une citoyenneté à part entière. La promesse d’octroyer le droit de vote pour les étrangers, est aujourd’hui une promesse abandonnée, et la traque des sans papiers continue avec toutes ses conséquences sur des femmes et des hommes de plus en plus fragilisé-e-s et abandonné-e-s.

 

L’instrumentalisation des débats sur l’Islam et la laïcité, conduisent à encourager la montée de l’intolérance et de la haine, alors que doit être encouragé le vivre ensemble démocratique.

 

Nous, citoyens et organisations fidèles aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens.

 

Il est temps de dire notre refus de cette dérive dangereuse, de faire barrage à la lepénisation des esprits et des politiques. Oui, il faut barrer la route à l’extrême droite et aux populistes de droite, barrer la route aux idées de haine qui ont tué Brahim Bouarram.

 

  C’est pourquoi toutes les organisations signataires, appellent à un rassemblement le 1er mai 2013, à Paris à 11h au Pont du Carrousel.

 

-  Pour rendre hommage à la mémoire de Brahim Bouarram et à toutes les victimes des crimes racistes.

 

-  Pour dénoncer les discours xénophobes qui mettent en danger les étrangers et discriminent les citoyens selon leurs origines ou leurs croyances.

 

-  Pour appeler à en finir avec tout ce qui, depuis des années, défigure la République.

 

Premiers signataires :

 

LDH/ MRAP/ ATMF/ FTCR/ ASDHOM/ AMF/ ACDA/ GISTI

Cet article est le second publié sur cette affaire par Bernard Schmid pour Memorial 98 (voir Allemagne: qui protège les néos-nazis? ). Nous avons jugé utile de conserver les liens de référence vers les sources allemandes afin d' en permettre la vérification. La longueur inhabituelle de l'article se justifie amplement par la complexité et la gravité de l'intrication entre une cellule de tueurs néo-nazis et des secteurs de l'appareil d'Etat allemand.

MEMORIAL 98

 

 

 PARTIE I :

 Ce mercredi 17 avril 2013, un procès qui aurait été susceptible de revêtir une dimension historique s’ouvre devant la « Chambre des infractions contre la sûreté de l’Etat » le Staatsschutzsenat - du tribunal criminel de Munich, en Allemagne. Il pourrait durer deux ans. L’ancienne militante néonazie Beate Zschäpe, âgée de 38 ans, en détention provisoire depuis novembre 2011, en sera l’accusée principale. Une douzaine de complices actifs sont poursuivis avec elle, dont quatre comparaissant en détention provisoire ; ceci alors que le réseau néonazi meurtrier auquel appartenait Zschäpe est nettement plus étendu. Un récent article dans un journal de droite (« Bild am Sonntag »), confirmé par les autorités puis par la télévision publique, parle ainsi de 129 membres actifs du réseau de complices. Voir http://www.bild.de/news/inland/nsu/hatte-129-helfer-und-helfershelfer-29642018.bild.html  et http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-03/nsu-netzwerk-namensliste

Tout aurait donc dû confirmer l’importance majeure de ce procès contre des criminels à l’idéologie brune.

 Le terme « aurait été… » se justifie pleinement, dans la mesure où les autorités étatiques auront tout fait pour minimiser et réduire l’impact de ce procès, ainsi que nous le verrons par la suite. Dans une partie des médias et dans la société civile, le procès est cependant suivi avec une attention accrue. Ainsi le  samedi 13 avril à Munich, au moins 10.000 personnes ont participé à une manifestation contre la terreur néo-nazie ; voir ici une interview donnée par le porte-parole du collectif organisateur  : http://www.heise.de/tp/artikel/38/38912/1.html  et aussi http://ffm-online.org/2013/04/11/demo-bundnis-gegen-naziterror-und-rassismus-zum-nsu-prozess-in-munchen/#more-8477

 

 Des militants néonazis connus de longue date

 

La principale prévenue de ce procès est poursuivie pour avoir été l’un des membres fondateurs d’une « association constituée en vue de commettre des actes terroristes », au sens du § 129a du Code pénal allemand. Cette association à but terroriste a pris la forme de la cellule qui s’est donné pour nom Nationalsozialistischer Untergrund (« maquis national-socialiste » ou « clandestinité nationale-socialiste »), en abrégé « le NSU ».

 

Trois membres de ce groupe sont connus, pour l’heure : Beate Zschäpe, chargée notamment de la gestion de la planque des membres du groupe – un appartement située dans la ville de Zwickau –, de la location de véhicules pour les tueurs actifs du groupe, et surtout de l’« entretien d’une image de la normalité » vis-à-vis des voisins et autres visiteurs de l’appartement en question. Ainsi le dit l’acte d’accusation, un dossier volumineux de 500 pages qui sera lu intégralement ce 17 avril, au début du procès. Puis il y avait les deux tueurs en service du « NSU », Uwe Mundlos et Uwe Bönhardt, morts (a priori par suicide ) le 04 novembre 2011 à Eisenach, près d'Iéna.

Ils étaient d’ailleurs connus de longue date  en tant que  militants d’extrême droite; Uwe Mundlos s’était ainsi fait remarquer pour son idéologie néonazie au cours de son service militaire, effectué en 1994/95 à Bad Frankenhausen, dans l’Etat-région de Thuringe. Selon des informations parues récemment, Mundlos avait été interrogé plusieurs fois à cette époque par le MAD (Militärischer Abschirmdienst, le service de renseignement et de contre-espionnage de l’armée allemande) ; v. http://www.fr-online.de/neonazi-terror/nsu-mad-befragte-mundlos-offenbar-mehrfach,1477338,20921146.html A plusieurs reprises, et non pas une seule fois en mars 1995, comme l’avait laissé entendre le MAD jusqu’à très récemment. Mais ce n’est pas le seul service étatique qui a tenté, dans la période récente, d’effacer le plus de traces possibles…

 

Les trois membres fondateurs du « NSU » (ceux connus jusqu’à ce jour) avaient fait le choix de vivre dans l’illégalité à partir du 26 janvier 1998, suite à une perquisition dans le garage de Beate Zschäpe au cours de laquelle une bombe – en état de fonctionner – fut trouvée. Cet épisode n’a pas empêché « le trio terroriste », comme les membres révélés du NSU sont aujourd’hui appelés par la presse allemande, de vivre à proximité de leurs lieux d’existence initiaux, pendant pas moins de 13 ans. Ils ont aussi pu voyager avec des vrais-faux papiers d’identité, fournies par les autorités allemandes. Ils ne se privaient pas de bouger, en Allemagne ou encore en Europe de l’Est ; une période de vacances sur la Mer baltique est encore documentée pour l’été 2011.

 

L’existence d’autres membres du « noyau dur » du groupe reste un sujet à spéculation. Il n’ y a en revanche pas de doute quant à l’existence d’un réseau structuré qui entourait les membres fondateurs. Au moment où « le trio terroriste » prit officiellement le maquis – ou plutôt, une existence dans la semi-clandestinité, dont semble-t-il beaucoup de personnes dans la région étaient au courant -, une liste de « contacts utiles » avait aussi trouvé dans le fameux garage. Elle comportait plus de cent noms et/ou numéros de téléphone. A ce jour, cette liste n’a pas été officiellement exploitée par les organes d’instruction étatiques. La raison officielle est que le LKA (Office de police criminelle régional) de l’Etat-région de Thuringe avait expédié cette liste au BKA (Bundeskriminalamt, Office fédéral de police criminelle) ; celui-ci n’a jamais lancé d’investigations sur cette base, prétendument« parce qu’on pensait que c’était le LKA qui le faisait ». Voilà pour les prétextes officiels. Mais il est probable que la liste de 129 noms, évoquée il y a peu par le journal populiste « Bild am Sonntag », pourrait être fondée sur cette liste initiale.

 

Par ailleurs, des collectifs néonazis de soutien aux membres du NSU ont été constitués jusque dans des prison. Les lieux d’incarcération  constituent depuis longtemps un lieu d’organisation des néonazis notamment à travers le « Collectif d’entraide aux prisonniers politiques » HNG. (v. http://www.welt.de/politik/deutschland/article115158911/Neonazis-in-Gefaengnissen-kontaktierten-NSU-Umfeld.html?wtmc=nl.rstpolitik ) Dans l’Etat-région de Thuringe, les réseaux de soutien aux complices du « NSU » étaient d’ailleurs devenus tellement denses qu’ils arrivaient à contourner le contrôle du courrier dans les pénitenciers, amenant les autorités judiciaires à transférer l’un des prévenus de Thuringe en Bavière. (V.

http://www.bnr.de/artikel/hintergrund/unterstuetzernetzwerk-der-bewegung)

 

Par ailleurs, les enquêtes menées depuis novembre 2011 ont permis d’identifier certains complices actifs, ayant livré assistance et secours aux membres actifs du « NSU ». L’un d’entre eux, maintenant accusé à Munich, est un certain Ralf Wohlleben. Celui-ci, un temps président adjoint du NPD (« Parti national-démocate », principal parti d’extrême droite en Allemagne) dans l’Etat-région de Thuringe, est lourdement accablé par les dépositions d’autres témoins ou prévenus. Un certain Carsten S, âgé de 19 ans à l’époque des faits et membre actif des JN (« Junge Nationaldemokraten », organisation de jeunesse du NPD, à  forte réputation extrémiste), a ainsi déclaré aux enquêteurs que c’est lui qui était allé remettre l’arme du crime aux membres fondateurs du groupe . Il s’agit d’un un pistolet de fabrication tchèque du type « Ceska 83 », avec laquelle les assassinats du « NSU » de 2000 à 2007 ont été commis . Mais il a aussi précisé qu’il s’était rendu à Chemnitz (en Saxe), pour rencontrer les futurs tueurs, « fin 1999 ou début 2000 » sur ordre de Ralf Wohlleben. Ce serait d’ailleurs aussi celui-ci qui aurait payé l’arme du crime, facturée 2.500 deutschemarks à l’époque. Voir aussi http://jungle-world.com/artikel/2013/15/47484.html

 

Il est plus que probable que certains membres ou proches du réseau terroriste néonazis, autres que la dizaine d’accusés au procès de Munich, courent encore en toute liberté. Ceci d’autant plus que selon des révélations récentes de la police et des médias, 266 néonazis seraient actuellement officiellement recherchés par la police, mais « sans lieu de séjour connu » ( chiffres de mars 2013). La police aurait, donc, officiellement perdu toute trace de ces militants potentiellement dangereux. (voir  http://www.netz-gegen-nazis.de/dokument/12032013presseschau-8578 )

 

 Une longue série de crimes

 Le groupe NSU a commis au moins dix assassinats entre 2000 et 2007 ; neuf des victimes étaient des immigrés d’origine turque ou grecque. Il s’agit d’Enver Simsek, fleuriste ; Abdurrahim Özüdogru, salarié chez Siemens et tailleur à ses heures libres ; Süleyman Tasköprü, épicier, vendeur de légumes ;  Habil Kiliç, épicier ; Yunus Turgut, employé dans un restaurant de Döner ; Ismail Yasar, lui aussi employé dans un restaurant turc ; Theodorus Boulgarides, travaillant pour un magasin de clés et serrures ; Mehmet Kubasik, qui gérait un kiosque ; et Halil Yozgat, qui gérait un cybercafé. Toutes les victimes ont été assassinées « au hasard », du seul fait de leurs origines étrangères,  sans être personnellement connues des tueurs. Ils habitaient dans différentes villes, de Rostock dans le Nord-Est jusqu’à Munich dans le Sud-Est et à Dortmund dans l’Ouest du pays. Les tueurs s’étaient déplacés à travers quasiment toute l’Allemagne pour atteindre leurs victimes en utilisant souvent des camping-cars loués.

 

La dixième victime était une femme policière, Michèle Kiesewetter, assassinée d’une balle dans la tête en avril 2007 à Heilbronn, ville située dans le sud-ouest de l’Allemagne, alors qu’un de ses collègues fut grièvement blessé. Le motif de son assassinat n’est pas parfaitement élucidée jusqu’à aujourd’hui, mais il est probable qu’elle a été tuée pour avoir trop su  sur des activités néonazies… mais aussi, éventuellement, sur des connexions néonazies à l’intérieur de la police allemande. Elle était en effet originaire de Thuringe, région où a été initialement créé le « NSU », et avait probablement une connaissance – inévitable en raison de leur caractère très visible – d’activités néonazies dans la région. (V. http://faustkultur.de/kategorie/gesellschaft/obermayr-schwarzbuch-rassismus.html#.UWp5Co7BASo )

Par ailleurs, son chef de brigade – Zugführer – était un certain Timo H., qui s’est avéré être membre d’un groupe néonazi qui se fait appeler « Ku Klux Klan Allemagne » (voir le journal BILD du 04 novembre 2012). Autrement dit, pour l’une ou l’autre raison, elle a probablement dû mourir pour en « savoir trop » sur certaines choses ou activités. Ainsi le néonazi Timo Brand, placé au centre des certains réseaux néonazis en Thuringe et sur lequel nous allons revenir plus loin, possédait une voiture dans les environs de Heilbronn, la ville où Michèle Kiesewetter fut assassinée le 27 avril 2007.

Le « NSU » a aussi, probablement, commis un attentat à la bombe en janvier 2001 à Cologne, dans l’Ouest de l’Allemagne, dirigé contre une épicerie gérée par une famille irano-allemande. La fille de la famille, âgée à l’époque de 19 ans, Masliya M., a été grièvement blessée. La devanture du magasin qui avait constitué la cible de cet attentat apparaît dans la petite vidéo cyniquement appelée « Paul la Panthère » et rendue publique en novembre 2011. Il s’agit de la vidéo dans laquelle le « NSU » a revendiqué ses crimes, énumérés et commentés pour le spectateur par la célèbre figure de dessin animé « Paul, la panthère rose ».

 

Aussi et surtout, le groupe est accusé d’avoir fait exploser une bombe remplie d’explosifs et de clous pointus (en vue de faire la maximum de victimes), le 9 juin 2004 à Cologne. L’explosion eut lieu dans une rue marquée par de nombreux commerces et restaurants de la population originaire de Turquie (turque ou kurde), et fit 22 blessés dont de nombreux blessés graves.

 

La complicité et/ou l’aveuglement de la politique officielle allemande, a été flagrante dès la survenue de cet attentat à l’explosif. A l’époque, on ignorait encore l’existence d’un groupe organisé, désigné par lui-même comme « cellule clandestine national-socialiste », à savoir le NSU. Celle-ci a été révélé pour la première fois par la mort (a priori le suicide) de deux de ses membres, repérés par la police, le 04 novembre 2011. Mais de nombreux observateurs , avaient évoqué, dès la nouvelle de l’attentat juin 2004 connue, la probabilité d’un crime raciste : ses auteurs avaient cherché à faire le plus grand nombre de victimes possible, touchées certes « au hasard » mais dans un quartier à forte population immigrée. La police de Cologne elle-même avait, en ce jour du 9 juin 2004, déclarée soupçonner « un crime politique ou raciste ». Or, dès le lendemain, le10 juin 2004, le ministre fédéral de l’Intérieur – Otto Schily, social-démocrate autoritaire et droitier– avait martelé qu’il ne pouvait s’agir que d’un « crime crapuleux », et que toute piste « politique » était exclue.

 

Interpellé à ce propos par la commission d’enquête parlementaire du Bundestag (« NSU-Untersuchungsausschuss »), formée le 26 janvier 2012 suite à la découverte du NSU fin 2011, Otto Schily déclara à ce propos « ne se souvenir de rien ».

 

 PARTIE II :

 

Le rôle plus que douteux des autorités officielles

 

Nous n’avons pas encore abordé le pire, en ce qui concerne le rôle visible et invisible des autorités allemandes. De nombreux médias ont parlé, depuis, d’« échec des organes d’investigation », d’«incompétence flagrante des enquêteurs » et ainsi de suite. La réalité est, très certainement, bien pire.

 Cette réalité est à ce point inquiétante que les présidents des services secrets intérieurs – appelés en Allemagne « Offices de protection de l’ordre constitutionnel » (Ämter für Verfasschungsschutz, abrégés VfS), équivalents des ex-Renseignements Généraux français, de l’Allemagne fédérale et de deux Etats-régions ont été contraintes à présenter leur démission, à l’été 2012,. Ce fut  d’abord le président du VfSà l’échelle nationale, Heinz Fromm, qui démissionna début juillet 2012. A la suite, ce fut  le président du VfS de l’Etat-région  de Saxe, Reinhard Boos, qui demande le 11 juillet 2012 sa mutation dans un autre service (voir http://www.spiegel.de/panorama/nsu-ermittlungspannen-sachsens-verfassungsschutzchef-tritt-zurueck-a-843817.html. Dans l’Etat-région voisin de Thuringe, c’était son collègue du VfS du Land, Thomas Schippel, qui demanda peu après sa mise en retraite anticipée.

 Quel est l'objet du scandale qui les avait fait démissionner ? En juillet 2012,  l’opinion publique stupéfaite apprit que les services secrets intérieurs avaient procédé,  au début du mois en cours, à des destructions massives de dossiers, portant sur les activités de renseignements et de police autour du « NSU ». On savait déjà, à ce moment-là, qu’une vingtaine de dossiers sensibles avaient été passés à la broyeuse entre novembre 2011 et janvier 2012. Détail étonnant : des fonctionnaires du VfS fédéral, situé à Cologne, étaient venus travailler le 11 novembre de l’année 2011, apparemment spécialement pour détruire des papiers. Or, le 11 novembre est le début de la saison du carnaval à Cologne, aussi appelée « la cinquième saison » ; et qui connaît la région de Rhénanie, sait que venir au  travail est exceptionnel à cette date particulière, surtout dans une ville comme Cologne. Mais peut-être que les fonctionnaires en question sont trop austères pour participer au Carnaval ? . Ils avaient en tout cas un certain sens de l’humour, expliquant publiquement que des dossiers ultra-sensibles avaient dû finir à la broyeuse en raison du besoin « de protéger des sources »

 

Début juillet 2012, on apprit que pas moins de 310 dossiers venaient encore d’être détruits. Alors que la transformation de vingt autres en confetti, quelques mois auparavant, avait déjà suffi pour faire scandale… C’est à ce moment-là, courant juillet, que le ministère de l’Intérieur fédéral eut la bonne idée d’enfin d’interdire toute destruction ultérieure de dossiers. C’était le  « bon moment » parce qu’il ne restait probablement rien des données les plus sensibles,. Selon des dires de Thomas Wüppesahl, porte-parole de l’Association fédérale des policiers et policières critiques qui suit attentivement l’évolution de l’« affaire NSU », (v. son interview par une radio libre de fin octobre 2012, sous : http://www.freie-radios.net/51745)  « 94 de ces dossiers avaient une relation directe avec des personnes liées au NSU. Dont des dossiers personnels d’informateurs et complices du NSU, y compris celui d’un indicateur du LKA (note : Landeskriminalamt, office régional de police criminelle) de Berlin,  qui avait fourni un kilogramme d’explosifs aux trois membres fondateurs du NSU. 

La suspicion règne, donc, vis-à-vis des appareils étatiques et des structures de police. Elle règne aussi, visiblement, à l’intérieur de ces appareils. A ce point qu’à la suite des révélations ci-dessus évoquées, le ministre de l’Intérieur de l’Etat-région de Thuringe – Jörg Geibert, membre de la CDU (Union chrétienne-démocrate), donc du principal parti de droite – ordonna la mobilisation de 80 Bereitschaftspolizisten (l’équivalent des CRS français) pour faire photocopier des documents se trouvant en possession du VfS de Thuringe. Le ministre déclara ouvertement qu’il s’agissait d’empêcher que le service en question puisse faire disparaître des « parties substantielles » des dossiers relatifs à l’Affaire NSU, ajoutant qu’il était nécessaire d’« assécher un marais ». Puisque la méfiance régnait vraiment très fortement, le ministre donna par ailleurs l’ordre d’acheminer les photocopies directement à Berlin, afin de les remettre aux membres de la Commission d’enquête parlementaire du Bundestag. Une radio régionale, le Mitteldeutscher Rundfunk (MDR), précisa ensuite que des membres du service de renseignement suspecté – du VfS de Thuringe – s’étaient enquis plusieurs fois du trajet des véhicules transportant ces documents vers la capitale, sans pour autant obtenir l’information… (Cité d’après Peer Heinelt : « Rechter Terror von Staats wegen », article paru dans le magazine mensuel KONKRET, numéro 12/2012 ; non en ligne.)

 

 

 

PARTIE III :

 

 

Tentative d’explication

 

Qu’est-ce qui explique une telle attitude d’autorités étatiques, dont des fractions importantes sont visiblement impliquées jusqu’aux deux oreilles dans le scandale consistant à avoir laissé faire – plus ou moins ouvertement - des terroristes nazis ? Incompétence, pagaille administrative, comme le suggèrent certaines voix bien pensantes ? Que nenni. A ce niveau-là, et vu les nombreuses tentatives visibles d’effacer des traces, une telle pseudo-explication n’a aucun sens.

 

Ce qui se cache derrière « le marais », pour reprendre les mots du ministre précité, c’est une stratégie des services qu’on peut qualifier de « tentative de contrôler par accompagnement actif ». Prenons l’exemple de Tino Brandt. L’homme se targue ouvertement, dans des interviews donné à certain/e/s journalistes, d’avoir encaissé au total 200.000 deutschmarks (environ 100.000 euros) , déboursés par les services du VfS de Thuringe pour payer ses services d’indicateur. Or, loin de permettre l’observation du milieu néonazi afin de mettre l’Etat en mesure de le combattre, Tino Brandt était au contraire un membre plus qu’actif de ce même milieu néonazi. Et il s’en vante. Tout en déclarant aussi dans une interview, à propos des les membres fondateurs du NSU : « Mais les trois étaient des nôtres ! » … 35 enquêtes pour violences et propos racistes étaient en cours contre Tino Brandt, en 2002. Aucune ne s’est soldée par une condamnation, son statut d’indicateur officiellement reconnu lui garantissant une immunité pénale. Actuellement, certains enquêteurs veulent néanmoins en savoir plus sur les liens éventuels avec le  NSU . Une perquisition à son domicile a ainsi lieu le 28 mars 2012 et pas le 5 novembre 2011 , au lendemain de la mort de deux des fondateurs du « NSU ». « Ce qui lui aura laissé », poursuit le journaliste Florian Sendtner, « cinq mois  pour faire disparaître tout ce qui était quelque peu périlleux pour lui ». (Voir http://www.konkret-magazin.de/429/articles/tino-brandt-und-die-biedermaenner-889.html )

 

A propos d’indicateurs des services, il serait aussi intéressant et nécessaire d’en savoir un peu plus sur le rôle d’un employé permanent du service de renseignement VfS de l’Etat-région de Hesse, nommé Andreas Temme. Celui-ci se trouvait dans le Cybercafé géré par Halil Yozgat dans la ville de Kassel, au moment précis de son assassinat, le 06 avril 2006. L’enquête a révélé que Temme était enregistré comme étant « en ligne », dans ce cybercafé, de 16.43 h jusqu’à 17.01 h, ledit jour. Or, la victime de l’assassinat raciste fut trouvée par son fils, le même jour à 17 heures03. Le jour même à 13h 06, Temme avait appelé de son portable de service un néonazi proche du réseau violent « Blood & Honour », qu’il avait lui-même fait utiliser comme indicateur par son service, depuis 2003. (Voir une reconstruction plus détaillée sous : http://friedensblick.de/2774/rekonstruktion-des-nsu-mordes-an-halit-yozgat/ ) Malgré un appel à témoins, Andreas Temme ne s’était pas confié à la police suite à l’assassinat. Lorsqu’il fut néanmoins identifié, il tenta de se justifier en disant qu’il avait « cherché des rencontrer des femmes en ligne », et qu’il n’avait pas souhaité que ses collègues de travail soient au courant. Le journal de droite « BILD » a même écrit, en date du 15 novembre 2011, que Temme se trouvait au total « à proximité de six des lieux d’assassinats commis par le NSU » (d’autres médias ont parlé de trois cas au lieu de six), au moment exact du crime. Plus tard, cette « proximité » étonnante n’a plus tellement été évoquée, dans les grands médias. Andreas Temme, alors âgé de 39 ans, était  surnommé « Klein-Adolf » (Petit Adolf en référence à Hitler), par des collègues ;lors d’une perquisition à son domicile, de la littérature d’extrême droite fut trouvée . Il a néanmoins été officiellement mis hors cause par les résultats de la perquisition car les enquêteurs n’ont pas retrouvé chez lui l’arme du crime ou un autre élément immédiatement confondant.

 

Revenons cependant à Tino Brandt : c’est lui qui a créé dans les années 1990 une milice néonazie régionale, le « Thüringer Heimatschutz », dont des nombreux membres feront plus tard partie de l’entourage des trois membres fondateurs du « NSU ». Lui-même était en contact avec eux, ce qui est prouvé au moins jusqu’à la fin des années 1990, puis fait l’objet de spéculations au-delà. Il a arrêté ses activités d’indicateur en 2001, après que son identité eut été publiquement révélée ; or, les néonazis ne le menaçaient alors pas pour avoir « trahi la cause », comme on aurait pu s’y attendre, mais le félicitaient au contraire.

 

Horst Mahler, à l’époque avocat du NPD (et par ailleurs négationniste connu, qui a fini par se retrouver en prison pour cette raison-là), utilisait l’activité révélée de Tino Brandt comme « joker » dans le procès d’interdiction, alors intentée contre le NPD devant le Tribunal constitutionnel d’Allemagne à Karlsruhe. Puisque des membres aussi actifs et aussi haut placés dans le milieu néonazi – et du NPD lui-même – étaient des indicateurs de police, argumenta-t-il alors, l’Etat ne pouvait pas interdire ce parti… puisqu’il existait des soupçon de fabrication de preuves à charge contre le parti néonazi, par des agents provocateurs.

 

En effet, le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe adopta un raisonnement similaire, et refusa d’interdire le NPD par une décision rendue en mars 2003 - Actuellement, en 2013, une nouvelle demande d’interdiction à l’encontre du parti néonazi est par ailleurs à l’étude. Or, seuls trois « organes constitutionnels » peuvent formellement demander aux juges constitutionnels de dissoudre une formation politique à laquelle le statut de parti est reconnu : le gouvernement fédéral, le Bundestag (équivalent de l’Assemblée nationale) et le Bundesrat (chambre fédérale composée de représentants des Etats-régions allemands, qui ressemble de très loin à une sorte de Sénat). Après divers rebondissements, la coalition de droite actuellement au pouvoir en Allemagne a fini par décider, à la mi-mars 2013, de ne pas demander l’interdiction du NPD. Le parti (ultra)libéral F.D.P., membre de la coalition avec les Unions chrétienne-démocrate et chrétienne sociale CDU et CSU, avait décidé de demander à ses cinq ministres d’émettre leur veto. Ses arguments étant qu’« on ne peut pas interdire la bêtise », et qu’« une démocratie comme la nôtre est assez forte pour pouvoir combattre l’extrémisme de gauche comme de droite ». (V. http://www.zeit.de/politik/deutschland/2013-03/npd-verbotsantrag-fdp-seehofer-roesler )

 Surtout « de gauche », d’ailleurs, puisque le rapport 2012 du VfS avait encore surtout mis en avant « la violence d’extrême gauchee » - en réalité très anecdotique par rapport aux 180 morts de violences néonazies enregistrés depuis la réunification allemande en 1990 -, et avait défini la violence islamiste (n’ayant fait encore aucun mort en Allemagne) comme « menace principale ». Ce n’est qu’en 2013 que le passage sur la menace néonazie est (re)devenue quelque peu substantiel ; sachant que l’idéologie officielle de l’Allemagne fédérale continue à consister en une sorte d’« anti-extrémisme primaire », mettant gauche marxiste et extrême droite fasciste strictement dans le même sac, quand la première n’est pas définie comme « plus menaçante »… Voir. aussi http://www.heise.de/tp/blogs/8/154096

Néanmoins, l’information publiée par l’AFP selon laquelle « le NPD ne sera pas interdit » (v. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/03/20/97001-20130320FILWWW00429-allemagne-parti-neo-nazi-pas-interdit.php) paraît précipitée, dans la mesure où le Bundesrat – la chambre fédérale – pourrait encore décider de se lancer, seule, dans une procédure devant le Tribunal constitutionnel. Avec les voix d’une majorité des Länder (Etats-régions), notamment ceux gouvernés par le SPD social-démocrate, la Chambre fédérale pourrait encore décider de lui demander l’interdiction du NPD ; sans être accompagnée par le gouvernement fédéral ni par la majorité au Bundestag, où le veto du F.D.P. bloque les choses. Rien n’est encore sûr, pas plus que ne l’est l’issue d’une procédure éventuelle. Le problème du « manque de distance / d’éloignement vis-à-vis de l’appareil de l’Etat », selon la formulation du Tribunal constitutionnel lors de sa décision dans la première procédure contre le NPD, en 2003, continue toujours à se poser.

 

Des structures de l’Etat allemand sont étroitement imbriquées dans les activités de la mouvance fasciste et néonazie, et ce n’est pas une nouveauté absolue. Il se pose la question des motifs et des raisons de cette situation. On peut noter  l’origine de bon nombre des services en question souvent construits en Allemagne fédérale après 1949 sous la conduite d’anciens membres des appareils de répression nazis. De plus,  il faudra  réfléchir à la stratégie de l’Etat vis-à-vis de la gestion de la situation en ex-Allemagne de l’Est, suite à la réunification. Après l’entrée en vigueur du Traité actant l’« adhésion » de l’ancienne RDA à la République fédérale d’Allemagne, le 3 octobre 1990, il s’est avéré rapidement que les rêves d’une bonne partie de la population de l’ex-RDA – consistant à entrer dans un « paradis capitaliste », monnaie forte et fortes possibilités de consommation à l’appui – allaient être vite déçues. Au lieu des « paysages florissants à l’Est », publiquement invoqués par le chancelier Helmut Kohl en 1990, les habitant/e/s de l’ex-RDA allaient plutôt connaître désindustrialisation, chômage massif et prise de contrôle par des entreprises et administrations de l’Ouest étendant leur territoire. Les œufs jetés sur Helmut Kohl lors d’une visite en ex-RDA, le 31 mai 1991, n’en étaient qu’un début spectaculaire. (V. http://www.youtube.com/watch?v=8ZazG0nxexU et http://www.youtube.com/watch?v=gbBUj_VRA-Y ) A ce moment-là, certains décideurs au niveau politique et administratif semblent avoir visiblement pris une décision : il valait mieux avoir une « opposition » raciste et nazie – au départ favorisée par le fait qu’une partie de la population assimilait systématiquement les idées de gauche à l’ancien régime du temps de la RDA -, qu’une opposition sociale, syndicale ou progressiste. C’est en tout cas l’hypothèse développée  avec force détails par l’écrivain Wolfgang Schorlau, dans son roman policier « Das München-Komplott » (Cologne 2009, 336 pages ; nous remercions le journaliste Detlef zum Winkel pour nous avoir conseillé cette lecture).

 

Elle correspond assez exactement à ce qui put être observé à partir du mois de septembre 1991, et jusqu’au cours de l’année 1993 : en déclenchant la tristement célèbre « Asyldebatte », les décideurs politiques avaient ouvert les vannes d’un racisme extrêmement agressif. Il s’agit de la campagne orchestrée par les principaux partis politiques et médias contre « l’afflux de demandeurs d’asile », proclamé « problème national numéro 1 » depuis l’automne 1991. Une campagne qui dura, à l’échelle nationale, jusqu’à la restriction radicale du droit d’asile par modification de la constitution, votée le 26 mai 1993. Cette campagne xénophobe fut accompagnée d’une vague de crimes sans précédent, avec notamment les incendies de centaines de foyers d’immigrés et les assassinats par le feu perpétrés à Mölln (novembre 1992), Solingen (mai 1993) et ailleurs. Voilà le « marais » politique principal, dans lequel ont pu grandir et se nourrir abondamment des réseaux néonazis criminels.

 Aujourd’hui, l’une des questions qui se posent aux observateurs critiques peut être énoncée comme suit :«Combien d’Etat se trouvait dans le NSU ? »

Voir http://linksfraktion.de/nachrichten/naziterror-verfassungsschutz-zwei-seiten-medaille/

 

 Conditions extrêmement restrictives pour le procès

 En attendant, et alors que s’ouvre le procès de Munich à partir du 17 avril, celui-ci est placé dans des conditions extrêmement restrictives par les autorités judiciaires. L’audience a été organisée dans une salle minuscule, ce qui a fait surgir la formule  d’un« méga procès dans une mini salle », voir

http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-03/nsu-prozess-muenchen-2

 La transmission par vidéoprojecteur dans une autre salle du tribunal serait techniquement possible et légalement admissible ; elle a été publiquement demandée par des représentant/e/s des médias http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-04/justizjournalisten-nsu-presseplaetze  ), mais n’a jusqu’ici pas été accordée (– dimanche 14 avril –). Pire encore : aucun média turc n’avait d’abord été admis a assister au procès. Les autorités judiciaires avaient mis en place un système d’accréditation draconien. Au total, seules 50 places de journalistes avaient été attribuées à l’ensemble des médias souhaitant s’inscrire. Or, aucun organe de la presse turque ne faisait partie des heureux élus, alors que huit des victimes d’assassinats racistes commis par le « NSU » sont d’origine turque. Le journal turc « Sabah »  avait fini par saisir le Tribunal constitutionnel à Karlsruhe (voir http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2013-04/nsu-prozess-medien-tuerkei-klage ), qui lui donna partiellement  raison dans une décision du 12 avril. (voir http://www.bundesverfassungsgericht.de/pressemitteilungen/bvg13-024#top ) En effet, décidèrent les juges constitutionnels, des organes de presse possédant une « proximité avec les victimes », par le fait de leur nationalité, devaient pouvoir se voir attribuer des places. Au moins cela semble avoir été rendu possible…

Les conditions du début de ce procès constituent en elles-mêmes un scandale, alors que le procès du « NSU » est lui-même susceptible de révéler d’autres scandales de grande ampleur. A condition, entre autres, que Beate Zschäpe se décide de parler, après avoir gardé jusqu’ici le silence total depuis qu’elle s’est  à la police le 08 novembre 2011.

Les autorités judiciaires, qui tablent sur une durée du procès s’étalant deux ans, ont prévu de laisser jusqu’en novembre 2013 pour les auditions de témoins, mais en programmant celles des experts  en matière d’armes et de balistique avant celles des témoins oculaires, ou encore des proches des victimes. L’objectif poursuivi – ou au moins l’effet obtenu – pourrait être que l’opinion publique commence à se désintéresser d’un procès qui prendrait  d’abord l’allure d’une longue expertise portant sur des détails techniques. Serait-ce le but recherché, Les parties civiles, ou certaines d’entre elles, ont d’ores et déjà exprimé leur crainte de rester finalement sur leur faim.

 

A l’opinion publique, allemande internationale revient le rôle de se saisir de la petite ouverture sur la vérité que crée, malgré tout, ce procès. La porte, qui n’est que légèrement entrebâillée, doit être grandement ouverte. Puis des conséquences politiques doivent en être tirées. Celles-ci ne devront pas épargner des responsables politiques ou administratifs, fussent-ils haut placés.

Bernard Schmid pour

MEMORIAL 98

 

 

 

 

 

L’année 2013 marque le 70e anniversaire de la résistance et la révolte du ghetto de Varsovie.

L’insurrection débute le 19 avril 1943, par l'attaque des troupes allemandes venues liquider le ghetto, et se termine à la mi-mai. Le principal dirigeant de l’insurrection et de l’Organisation Juive de Combat, Mordehaï Anilewicz, se suicide le 8 mai.

(Voir notamment http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/ghetto_varsovie.htm

  http://www.herodote.net/19_avril_1943-evenement-19430419.php)

 

À l’occasion de deux commémorations, l’une organisée par nos amis marseillais et l’autre à la Mairie du 10e arrondissement de Paris, il sera rendu hommage d'une part à l’historien du ghetto Emmanuel Ringelblum et de l'autre à Szmuel Zygielbojm, représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres.

 

Au moment où la Pologne est envahie par les Allemands en 1939, l’historien juif polonais Emmanuel Ringelblum a trente-neuf ans, c'est un spécialiste reconnu de l’histoire du peuple juif.

Il vit à Varsovie avec sa famille et a très vite compris le sort que les nazis réservent aux Juifs d’Europe. Il aurait pu quitter la Pologne avec sa famille mais sa femme et lui décident de rester pour témoigner «pour les générations futures». Leçon de courage, terrible choix, puisqu’en allant jusqu’au bout de sa mission « d’historien, d’écrivain et de témoin», il meurt assassiné par les nazis dans la prison Pawiak en 1944 avec sa femme et son fils Uri.

Emmanuel Ringelblum avait créé un groupe de travail culturel du nom d’«Oyneg Shabbos » (le plaisir du Shabbat). Ce nom était en fait une couverture. L’objectif était de décrire précisément les conditions de vie des Juifs dans le ghetto. Porteurs d’une vision très moderne de l’histoire, ils encouragèrent tous les habitants du ghetto à écrire eux-mêmes ce qu’ils vivaient au quotidien et à leur remettre leurs écrits. En 1943, alors que sévit la seconde grande rafle du ghetto, sentant «l’inéluctable fin», Emmanuel Ringelblum et les membres d’Oyneg Shabbos enfermèrent les milliers de documents et de témoignages recueillis pendant toutes ces années dans des bidons de lait en fer qu’ils cachèrent sous la terre, avec l’espoir qu’ils seraient retrouvés «un jour». Après la guerre, grâce à la ténacité de Rachel Auerbach, une rescapée du ghetto membre du groupe Oyneg Shabbos, une partie des archives Ringelblum, dont les textes écrits par Emmanuel Ringelblum lui-même, fut retrouvée. Elles ont été classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

 

Szmuel Zygielbojm s’est suicidé à Londres le 12 Mai 1943, après l’écrasement de la révolte du ghetto, pour protester contre l’inaction des gouvernements alliés.

Il laissa une lettre dont voici des extraits :

« Derrière les murs du ghetto se déroule à présent le dernier acte d’une tragédie sans précédent dans l’Histoire. La responsabilité du forfait consistant à exterminer la totalité de la population juive de Pologne retombe au premier chef sur les exécutants; mais, indirectement, elle rejaillit également sur l’humanité tout entière. Les nations et les gouvernements alliés n’ont entrepris jusqu’ici aucune action concrète pour arrêter le massacre. 
En acceptant d’assister passivement à l’extermination de millions d’êtres humains sans défense - les enfants, les femmes et les hommes martyrisés - ces pays sont devenus les complices des criminels.[...]
 Je ne puis me taire. Je ne peux pas rester en vie alors même que disparaissent les derniers restes du peuple juif de Pologne dont je suis le représentant. Mes camarades du ghetto de Varsovie ont succombé, l’arme au poing, dans un dernier élan héroïque. Il ne m’a pas été donné de mourir comme eux, ni avec eux. Mais ma vie leur appartient et j’appartiens à leur tombe commune. Par ma mort, je désire exprimer ma protestation la plus profonde contre la passivité avec laquelle le monde observe et permet l’extermination du peuple juif.
 Je suis conscient de la valeur infime d’une vie humaine, surtout au moment présent. Mais comme je n’ai pas réussi à le réaliser de mon vivant, peut-être ma mort pourra-t-elle contribuer à arracher à l’indifférence ceux qui peuvent et doivent agir pour sauver de l’extermination — ne fût-ce qu’en ce moment ultime — cette poignée de juifs polonais qui survivent encore. Ma vie appartient au peuple juif de Pologne et c’est pourquoi je lui en fais don. Je désire que l’infime résidu des millions de Juifs de Pologne resté en vie puisse survivre assez longtemps pour connaître, avec les masses polonaises, la Libération et qu’il puisse respirer dans un pays et un monde de liberté et de justice socialistes pour toutes ses peines et ses souffrances inhumaines.»

(Londres, mai 1943)


MARSEILLE


Le 20 avril 2013, à L'ÉQUITABLE CAFÉ, (Cours Julien) à partir de 19 heures, Didier Zuili organise en association avec Le Collectif Camédia un hommage aux résistants du ghetto de Varsovie.

  Entrée Libre. Renseignements: 06 21 11 52 84.

20 avril bis

 

 

Programme

HISTOIRE

Jean-Claude Famulicki présentera Ecriture de résistance dans le ghetto de Varsovie à travers le parcours et le combat acharné de l'historien Emmanuel Ringleblum et du collectif Oneyg Shabbos. Intervention suivie d'un dialogue avec le public

LECTURES

Les membres de l’association “En lecture Simone” liront des textes de Bernard Goldstein, un des grands résistants du ghetto de Varsovie ainsi que des  poèmes de Genia Finkelstein, issus de son livre: LE CRI DU GHETTO. Génia Finkelstein est rescapée du ghetto de Varsovie. Elle vient d'avoir 88 ans.

 IMAGES ET SONS

Romain Gigoi, compositeur et clarinettiste improvisera sur des photos et des vidéos sur le thème "Résistants et Résistance dans le ghetto de Varsovie".

Projection du film (13 minutes) d'entretiens entre Joseph Finkestein et sa mère Génia autour de ses souvenirs dans le ghetto de Varsovie.

EXPOSITION

Didier Zuili présentera une exposition de 20 planches de sa bande dessinée en cours de réalisation Varsovie de ma jeunesse sur le thème de la résistance dans le ghetto. (Editions Liliane Marouani)

 

 

PARIS


Deux cérémonies sont organisées à Paris pour marquer le 70e anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie. La première se tiendra à la Mairie du Xe arrondissement le vendredi 19 avril et la seconde au Mémorial de la Shoah le dimanche 21 avril 2013. Par ailleurs, deux soirées d’hommage sont prévues le mercredi 17 avril à la synagogue Charles Liché et le jeudi 18 avril au cercle Bernard Lazare.


Commémoration à la Mairie du Xe arrondissement de Paris

Organisée en partenariat avec le Centre Medem-Arbeter Ring et le Club Laïque de l’Enfance Juive (CLEJ)

Vendredi 19 avril 2013          Entrée libre

15h30 - Inauguration de l’exposition "Hommage à Szmuel Zygielbojm", représentant du mouvement ouvrier juif Bund dans le gouvernement polonais en exil à Londres.

 16h - Table ronde autour de la figure de Szmuel Zygielbojm

Avec Annette Wieviorka, Jean-Charles Szurek et Philippe Boukara

19h - Cérémonie marquant le 70e anniversaire de l’insurrection du ghetto de Varsovie (Salle des fêtes, 72, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 Paris, Métro : Château d'Eau)

 

 

A la synagogue Charles Liché

Mercredi 17 avril 2013, 20h

Synagogue Charles Liché (particulièrement dédiée au souvenir des déportés)

14, place des Vosges 75004 Paris, Métro : Chemin Vert

Réservation obligatoire : synadesvosges@noos.fr


Hommage aux victimes juives en Pologne et aux combattants juifs du ghetto de Varsovie avec la participation d’Henri Minczeles, historien, auteur de Une Histoire des Juifs de Pologne (La Découverte, 2011), de Jean-Charles Szurek, historien chercheur au CNRS, auteur notamment de La Pologne, les Juifs et le communisme (éd. Michel Houdiard, 2010) et de Régine Frydman et Nathalie Metz pour le livre J’avais huit ans dans le ghetto de Varsovie (Tallandier, 2011).

 

 

Commémoration au Cercle Bernard Lazare

Jeudi 18 avril 2013, 20h30

 Avec Michèle Goldstein-Narvaez, auteur de Nous attendons de nos nouvelles. Voix et destins du ghetto de Varsovie (Ed. Max Milo, 2013)

Chants : Jacinta 

Cercle Bernard Lazare

10, rue Saint Claude 75003 Paris

Métro : Saint-Sébastien - Froissart

Email : bernardlazare@noos.fr

 

 

(voir aussi sur ce site

Hitler ? Pff, une banalité ! ... par Souâd Belhaddad

30 janvier 1933 : le désastre.

Michel Slitinsky: hommage à un combattant.

Mémoire: la Nuit de Cristal de Novembre 1938

La rafle du Vel d’Hiv et la mémoire de la Shoah

Antisémitisme: le double anniversaire du 3 Octobre

Europe de l’Est : Kaczynski, Hongrie.

Vel d'Hiv: le document

Serge Klarsfeld : au-delà du respect.

Benoît XVI : le pape révisionniste.

Document exceptionnel: entretien avec Raul Hilberg

La Pologne de nouveau face à l'antisémitisme

Le centenaire d'Hergé, antisémite et collaborateur des nazis )

   

MEMORIAL 98

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