Dimanche 4 avril 2010
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En difficulté face à l’énorme scandale des actes pédophiles minimisés et dissimulés par la hiérarchie, la haute hiérarchie
du Vatican fait appel à la théorie du « complot juif ».
Le pape ou ses proches savaient que le sermon de Cantalamessa contiendrait une référence à l’antisémitisme. Dans une institution
aussi contrôlée que le Vatican, il est impossible qu’une thématique aussi lourde soit ainsi mise au-devant de la scène sans accord préalable du sommet de la hiérarchie. D’autant que le
prédicateur en question n’est pas un novice sorti de son monastère. Il présente l'émission religieuse "A son image" sur la première chaîne de télévision publique italienne Rai Uno et occupe
sa fonction au Vatican depuis 1980
Le moine capucin fait état d’une prétendue lettre d’un « ami juif » comparant la mise en cause de la hiérarchie
catholique aux persécutions contre les Juifs et déclarant : «…Je suis avec dégoût l'attaque violente et concentrique contre l'Eglise (et) le pape. (...) L'utilisation du stéréotype, le
passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme»
Le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni avait reçu fort poliment Benoît XVI à la synagogue de Rome le 17 janvier
,malgré les réticences d'une bonne partie des communautés juives mondiales choquées par sa volonté de sanctifier le pape Pie XI (voir Benoît XVI : le pape révisionniste. ) Il juge la comparaison du prédicateur Cantalamessa
d'autant plus malvenue que "personne de la communauté juive n'était intervenu jusqu'à présent" dans les scandales pédophiles.
Le rabbin a surtout regretté qu'avant ce sermon, "il y ait déjà eu des rumeurs sur le fait que les attaques contre l'Eglise
proviendraient du lobby juif" et "on a même dit dans certains milieux catholiques que la presse italienne est contrôlée par les juifs". Il suggère donc que la référence du prédicateur est un
message en direction des Juifs pour leur enjoindre de cesser leur campagne.
Aux Etats-Unis également des milieux catholiques mettent en cause la presse et le rôle qu’y joueraient des Juifs qu'ils nomment le
"lobby juif de New York" (voir dans le New York Times www.nytimes.com/2010/04/03/world/europe/03church.html.)
Le rabbin Segni a de plus déploré que "les paroles inappropriées du père Cantalamessa aient été prononcées un Vendredi Saint, le
jour le plus funeste de l'histoire des relations entre chrétiens et juifs". La liturgie catholique en latin de cette fête continue d'inclure une prière pour la conversion des juifs. Or Benoît XVI
a, en septembre 2007, justement promulgué un « Motu Proprio » permettant de nouveau l'usage de cette messe en latin et des ses formulations antisémites. Il s’agissait pour lui de manifester
une ouverture aux intégristes qui réclamaient ce rétablissement.
D’ailleurs à la veille même de sa récente visite controversée à la synagogue de Rome, Benoît XVI a confirmé l’ouverture à
ces intégristes, porteurs d’un antisémitisme très enraciné. À l’occasion de l’Assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi du15 janvier, il a confirmé, « l’engagement
pour que soient surmontés les problèmes doctrinaux qui empêchent encore le retour à la pleine communion dans l’Église de la Fraternité Saint Pie X »..." symbole de l’intégrisme et à laquelle
appartient l’évêque négationniste Williamson(voir Benoît XVI et son évêque négationniste )
En France, le « parti antisioniste » proche du régime iranien a publié un communiqué de soutien au pape
intitulé « Benoît XVI l’honneur de la Chrétienté’ . Le texte largement repris sur les sites catholiques d’extrême droite est signé de Y. Gouasmi, celui qui voit « un
sioniste derrière chaque divorce » et qui s’est illustré sur la liste « antisioniste « des Européennes de 2008 avec Dieudonné et Soral (voir Interdire les listes de Dieudonné ? ) .
Il déclare notamment :
« Mais on est quand même en droit de s’interroger sur cette offensive médiatique qui semble viser essentiellement le
Souverain Pontife... Qu’a pu faire de particulier ce Pape, pour mériter un tel acharnement ? Dès l’annonce de la canonisation à venir de Pie XII, Israël et les rabbins sionistes ont réagi à
leur manière, c’est-à-dire avec un mélange de morgue et d’agressivité… »
Le recours pervers à la Shoah ne se limite pas au dernier éclat du Vatican.
Les catholiques qui combattent le droit à l’avortement recourent fréquemment à la référence de la Shoah dans leurs campagnes.
Simone Veil avait subi ce genre d’attaques lors du vote de la loi sur l’IVG.
En Pologne actuellement Alicja Tysiac qui a fait condamner en 2007 l’Etat polonais par la Cour Européenne des Droits de
l’Homme pour refus d’IVG est calomniée par l’Eglise et les médias catholiques, traitée de meurtrière et comparée aux criminels nazis Mengele et Hess ; elle porte plainte en diffamation
contre l’archevêché de Silésie à l'origine de cette campagne.
Le député polonais Giertych avait organisé en novembre 2005, au Parlement européen à Strasbourg une exposition de
photographies hostile à l’IVG. L’une des affiches représentait des enfants derrière des barbelés à Auschwitz. Les panneaux ont été retirés par les services du Parlement .
Le pape Jean-Paul II avait aussi à plusieurs reprises tracé un parallèle entre l’IVG et la Shoah.
La direction de l'Eglise catholique, secouée par ses scandales, persistera-elle dans son repli et sa recherche de
complots?
(voir aussi Négationnisme: révolte catholique contre Benoît
XVI
Allemagne: le bacille de Koch
Benoît XVI appuye les intégristes antisémites en France
Les intégristes encouragés par le pape
Sarkozy: nouveau dérapage sur Vichy
Mme Sarkozy
Bruni dérape à propos des Juifs et de la Shoah
Le parlement Européen se contente de réprimander le député antisémite polonais: un mauvais
signe
MEMORIAL 98